facebook
Gazette Drouot logo print

L’écriture lyrique de Mathieu en deux temps

Le 01 novembre 2018, par Anne Doridou-Heim

Non pas une mais sept toiles du fondateur autoproclamé de l’abstraction lyrique, Georges Mathieu (1921-2012), étaient présentées aux enchères (voir Gazette no 36 page 67). Luischaux (reproduite ci-dessus), peinte par l’artiste en 1970, s’offrait la plus haute marche à 124 800 €, suivie de Li Duan (81 x 100 cm), de 1967,…

L’écriture lyrique de Mathieu en deux temps
Georges Mathieu (1921-2012), Luischaux, 1970, huile sur toile, 80,5 116 cm.
Adjugé : 124 800 €

Non pas une mais sept toiles du fondateur autoproclamé de l’abstraction lyrique, Georges Mathieu (1921-2012), étaient présentées aux enchères (voir Gazette no 36 page 67). Luischaux (reproduite ci-dessus), peinte par l’artiste en 1970, s’offrait la plus haute marche à 124 800 €, suivie de Li Duan (81 100 cm), de 1967, à 104 000 €. Trois autres résultats venaient conforter les deux premiers : 50 000 € pour Telesma (74 x 60 cm), de 1967, 91 000 € pour Seuil ultime (96,5 x 129,5 cm), vers 1998, et 63 700 € pour L’Échec désespéré (97 x 130 cm), sublimé en 1990. Il s’agissait donc d’œuvres situées dans deux époques de création, la fin des années 1960 et les années 1990. La première période a eu récemment l’honneur des cimaises de la galerie Templon à Paris (du 8 septembre au 20 octobre). Il était question de rappeler avec force l’impact de ce pionnier, maître d’une abstraction gestuelle proche de la performance. Le catalogue édité à cette occasion le rappelle : «(…) dans sa volonté de dépasser la notion d’avant-garde, il développe une peinture où la vitesse et la spontanéité deviennent essentielles». Au cours de la décennie 1970, Mathieu est au sommet. Élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1975, il conçoit également le logo de la deuxième chaîne télévisée nationale, et l’un de ses dessins est choisi pour orner la pièce de 10 francs mise en circulation. Ainsi, est-il encore précisé, l’artiste «intègre la vie quotidienne des Français et marque profondément l’imaginaire collectif.» Il ne faut pas oublier qu’André Malraux le tenait pour «le plus grand calligraphe occidental». Y succède un long purgatoire : le peintre n’est plus à la mode, les années 1970 étant remisées dans les tiroirs d’un certain goût facilement qualifié de mauvais. Pourtant, Mathieu n’arrêtera jamais de peindre, ainsi que les œuvres ultérieures le montrent. Son exigence créatrice et esthétique continuera à tracer une voie originale, se jouant des couleurs, des coulures et d’une écriture, livrant une œuvre personnelle inscrite dans un espace de violence gestuelle, pour finalement aboutir à une sorte d’harmonie. Nombreux sont les critiques aujourd’hui à lui redonner sa place, et ces enchères le confirment. 

art d'après-guerre et contemporain
lundi 22 octobre 2018 - 14:30 (CEST) - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009
De Baecque et Associés ,
Leclere - Maison de ventes
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne