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Le XVIe siècle met l’amour en boîte

Publié le , par Claire Papon et Sophie Reyssat
Vente le 27 janvier 2023 - 15:30 (CET) - Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009

Du coffret de mariage au triptyque des Rois mages, la Haute Époque déploie virtuosité et pittoresque.
 

Suisse alémanique, XVIe siècle. Coffret de mariage Minnekästchen, en bois fruitier... Le XVIe siècle met l’amour en boîte
Suisse alémanique, XVIe siècle. Coffret de mariage Minnekästchen, en bois fruitier sculpté en réserve d’un couple en pied, de leurs armoiries, et de créatures fabuleuses, poignée en fer forgé, 8,6 29 19,6 cm.
Estimation : 4 000/6 000 

Une centaine d’œuvres Haute Époque et d’objets de curiosité sont au programme, parmi lesquelles nos lecteurs n’auront pas manqué un triptyque miniature sculpté aux Pays-Bas dans le premier tiers du XVIe siècle (voir l'article La naissance du Christ en version miniature au XVIe siècle de la Gazette n° 45 de 2022, page 28), condensant dans quelques centimètres carrés une Adoration des Mages encadrée de l’Annonce aux bergers et de l’Annonciation. Inédit, il se rapproche par sa facture d’autres micro-sculptures appartenant à des collections muséales, notamment une noix de prière conservée au Louvre. La virtuosité de ce chef-d’œuvre de minutie, haut de 17 cm, devrait être saluée autour de 100 000 €. Le goût pour le détail pittoresque, dont témoigne l’architecture ruiniforme de sa scène centrale, se retrouve sur un coffret suisse de la même époque (voir photo), à travers les êtres hybrides sculptés sur ses côtés, dotés de têtes humaines sur des corps de reptile. Ses autres personnages rattachent l’objet à la catégorie des Minnekästchen, littéralement des «petites boîtes d’amour courtois», remplies de présents et offertes à l’être aimé à l’occasion de fiançailles ou d’un mariage. Le couvercle illustre ainsi l’idéal de courtoisie et de raffinement incitant le chevalier à se mettre au service de sa dame. Posant en armure sur le couvercle, un étendard dans une main et un bouclier dans l’autre, son épée à la ceinture, il a offert une rose à sa belle, qui la brandit comme un trophée. L’union des deux personnages est scellée par celle de leurs armoiries figurées entre eux. Si elles ne sont pas identifiées, on reconnaît celles d’une famille du Limousin, les Morel de Fromental, sur un fer à repasser en bronze arborant leur écu couronné entouré de rinceaux gravés (4 000/5 000 €). Cette pièce rare, datée de 1726, a sans doute appartenu à la prénommée Jeanne, avant qu’elle n’épouse le seigneur de Faye, Jean de Villoutreys, trois ans plus tard.

vendredi 27 janvier 2023 - 15:30 (CET) - Live
Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009
Giquello & Associés
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