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Collection horlogère : le temps dans tous ses états

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 28 septembre 2022 - 14:30 (CEST) - Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine

L’oiseau chanteur avait de quoi se réjouir, cette collection de la plus haute qualité suscitant la ferveur des collectionneurs d’horlogerie.

Travail suisse attribué aux Frères Rochat et au poinçon de Jean-Georges Rémond, début... Collection horlogère : le temps dans tous ses états
Travail suisse attribué aux Frères Rochat et au poinçon de Jean-Georges Rémond, début XIXe siècle, boîte-montre à oiseau chanteur en or, émail et perles, mouvement d’horlogerie à musique, médaillon figurant Le Retour du guerrier, 2,5 9,5 5,7 cm, poids brut 368 g. 
Adjugé : 328 980 


L’histoire de l’apprivoisement du temps sur cinq siècles était racontée par cette collection horlogère réunie par un passionné, sujet de l’Événement de la Gazette n° 32 (voir l'article Cinq cents ans d’horlogerie en une collection page 12) : quatre-vingts pièces seulement mais quelles pièces ! La salle des ventes était comble et les téléphones très actifs, menant à un résultat s’élevant à 1 471 736 €, emmenés évidemment par les 328 980 € de l’œuvre maîtresse annoncée : cette très précieuse boîte-montre à oiseau chanteur. Fabriqué en Suisse au début du XIXe siècle, l’objet illustrant l’amour de son propriétaire pour les mécanismes à automates et à musique a une provenance prestigieuse, la célèbre vente des collections du roi Farouk tenue au Caire en 1954. Parmi les autres pièces mises en valeur par notre article figurait l’horloge de table en forme de tour (voir page de gauche). Avec elle, c’est l’histoire de la miniaturisation aboutissant à la naissance de la montre qui était retracée. Elle livre à la fois le début du prénom («P») d’un nouvel horloger appartenant à la célèbre famille des Plantard, actif à Abbeville au milieu du XVIe siècle, et l’identité d’un commanditaire forcément érudit, le sieur Guillaume Bailly (1519-1582), par ailleurs comte de la Ferté-Aleps. Formidable exemple du travail des horlogers français de la Renaissance, elle a été portée à 197 552 €. Il était l’heure de parcourir les âges à la découverte des montres elles-mêmes, de la plus ancienne en métal doré datant du milieu du XVIe siècle et venant d’Augsbourg, sonnant à 33 800 €, à la plus récente, une savonnette de poche en or de la maison Breguet au début du XXe siècle – avec quantième perpétuel, phases de la Lune, chronographe et répétition des minutes –, livrée à 53 300 €. Entre les deux, on s’offrait un détour par le marché ottoman pour la somme répétée de 45 500 €, à la rencontre d’une montre astronomique suisse du milieu du XVIIe siècle, au boîtier en métal doré présentant une riche ornementation feuillagée, et d’une autre de carrosse en argent avec sonnerie, vendue le 6 novembre 1816 à Constantinople chez Leroy, agent de Breguet & Fils à la Sublime Porte. Tout cela se déroulait sous la bénédiction d’un modèle original, conçu à La Rochelle au milieu du XVIIe siècle par un certain Fonnereau, une montre en métal doré en forme de croix, touchée par la grâce d’une enchère de 42 900 €.

P. Plantard, Abbeville, milieu du XVIe siècle, horloge de table en forme de tour hexagonale en cuivre doré aux armoiries de Guillaume Bail
P. Plantard, Abbeville, milieu du XVIe siècle, horloge de table en forme de tour hexagonale en cuivre doré aux armoiries de Guillaume Bailly, comte de la Ferté-Aleps (1519-1582), décor gravé de Diane chasseresse, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus et Saturne, 18 9,1 cm. Adjugé : 197 552 
mercredi 28 septembre 2022 - 14:30 (CEST) - Live
Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine
Aguttes
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