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Le règne de la sculpture, Rodin en tête

Publié le , par Claire Papon

Cette dispersion met l’accent sur Maillol, Pompon, et surtout Rodin, dont un exemplaire de L’Âge d’airain témoigne de la maîtrise du modelage dont il fit montre très tôt.

Auguste Rodin (1840-1917), L’Âge d’airain, petit modèle dit aussi deuxième réduction,... Le règne de la sculpture, Rodin en tête
Auguste Rodin (1840-1917), L’Âge d’airain, petit modèle dit aussi deuxième réduction, bronze à patine brun-noir nuancé, fonte Rudier, 64,6 24,2 18,8 cm.
Estimation : 350 000/400 000 

Conçue au début de sa carrière – le plâtre original de ce nu masculin est présenté pour la première fois à Bruxelles en 1877, avant d’être présenté quelques mois plus tard au Salon de mai à Paris –, cette œuvre porte en elle le génie du futur Maître de Meudon. Savant jeu d’ombre et de lumière, émotion intériorisée, vitalité, réalisme inspiré des leçons apprises à la vue des sculptures de Michel-Ange lors de son séjour à Florence un peu plus tôt, cette figure d’homme nu grandeur nature impressionne autant qu’elle scandalise les membres du jury, qui accusent l’artiste de l’avoir moulée sur nature ! Sous les traits d’Auguste Neyt, soldat et télégraphiste belge, Rodin retranscrit les tourments de l’âme humaine, en écho à la déroute française dans le contexte des années suivant la guerre franco-prussienne. D’abord intitulée Le Vaincu puis L’Homme qui s’éveille, l’œuvre passera à la postérité sous le titre de L’Âge d’airain. L’État acquiert le plâtre pour la somme de 300 F et en commande une version en bronze en 1880, placée dans les jardins du Luxembourg quatre ans plus tard. Dix-sept exemplaires sont édités en bronze (dans nos dimensions) par Alexis Rudier, cinq vers 1907, et douze de 1918 à 1945, dont la nôtre, superbe par sa patine notamment. À ses côtés, une Baigneuse debout d’Aristide Maillol (éditée par Ambroise Vollard du vivant de l’artiste) témoigne du goût du maître pour la figuration et dévoile son style épuré et serein (90 000/120 000 €). Un Torse de la danse sacrée (bronze à patine noire, réduction de celui présenté au musée d’Orsay), au modelé baroque et mouvementé, donne à découvrir ou à revoir l’art du Toulousain Victor Ségoffin (1867-1925) (3 000/5 000 €). Enfin, tandis qu’un Vendeur de tambourins de Giustino Leone (bronze à patine noire, 1878, 2 000/3 000 €) s’inscrit, comme l’art de Vincenzo Gemito, dans la veine de la sculpture naturaliste napolitaine, un Masque d’adolescent (vers 1929-1930, cire perdue 1/8, 1970) de Julio Gonzales montre un visage réduit à de simples lignes dans une plaque de métal travaillée comme une feuille de papier (60 000/80 000 €).

vendredi 03 juin 2022 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009
Crait + Müller
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