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Le quartier Drouot à l’heure du dessin

Le 08 mars 2018, par Stéphanie Pioda

Pour cette 17e édition du Dessin au quartier Drouot, quinze galeries organisent un parcours avec, comme centre névralgique, l’Hôtel des Ventes, qui ouvre le bal dès le 13 mars.

Le quartier Drouot à l’heure du dessin
Marcelle Gallois (1888-1962), Scène de vie parisienne avant 1917 (le marché), gouache sur carton, 65 x 100 cm. Galerie Laura Pecheur.


Paris est devenu la capitale du dessin et, dans le sillon du Salon du dessin au palais Brongniart qui fait office de locomotive , les acteurs du marché et les institutions se mobilisent pour sortir les plus belles feuilles, surprendre, éblouir. En ce mois de mars, ces quelques jours sont inscrits dans l’agenda des spécialistes comme un rendez-vous annuel qui voit défiler les plus grands collectionneurs du monde et les conservateurs de musée des quatre coins de la planète. Ils sont concentrés sur les ventes importantes et se retrouvent pour la 17e édition de Dessin au quartier Drouot, événement organisé par le QAD (Quartier Art Drouot) : deux semaines pour célébrer cet art du trait en un parcours autour de quinze galeries spécialisées, de la rue Drouot à la rue Bergère, en passant par les passages Verdeau et Jouffroy ou la rue de la Grange-Batelière. Julien Petit, de la galerie Chaptal, estime que cela «pourrait devenir comme à Londres avec Master Drawing, où des marchands du monde entier s’implantent dans des galeries pour quelques jours autour des grandes maisons de vente Christie’s et Sotheby’s». Un Parcours des mondes pour le dessin en somme. «C’est un moment privilégié où nous invitons les clients que nous avons rencontrés à la Brafa, à Bruxelles, ou à Works on Paper, à Londres», pointe Agnès Aittouarès de la galerie AB.
De Perroneau à Delacroix…
Une dynamique et une effervescence qui correspondent à un véritable pic d’activité pour certains marchands, à l’image de la galerie Amicorum : André-Marie Ricoux observe qu’il vend alors des dessins qu’il ne peut pas forcément vendre le reste de l’année et que «cette ambiance électrique crée les conditions pour déclencher l’achat plus facilement.» Le galeriste Fabrice Bonasso, quant à lui, réalise 25 % de son chiffre d’affaires annuel pendant cette période. Et cela pourrait être encore plus important comme il l’explique :  «La fréquentation est intense et de qualité, mais il est de plus en plus difficile de trouver des belles pièces». Qu’à cela ne tienne, spécialisé en gouaches napolitaines et vues d’Italie, il a réservé aux passionnés des petites pépites, dont des aquarelles de Victor Jean Nicolle (1754-1862) représentant une Vue du Grand Canal à Venise ou celle d’un Oratoire près de Fiumicino dans la Campagne de Rome (entre 1 500 et 3 800 €). «Cet aquarelliste est présent dans toutes les grandes collections et dans les grandes ventes», relève-t-il, ce que nous pouvons immédiatement confirmer à travers la vente que Millon OVV organise le 23 mars : deux dessins y sont inscrits au catalogue, chacun estimé 5 000-6 000 €. À noter également dans cette vente le portrait au pastel du petit Demoyel, tenant une poule huppée, de Jean-Baptiste Perroneau (1715-1783), estimé 6 000/8 000 €, ou un dessin préparatoire d’Eugène Delacroix (1798-1863) pour la bibliothèque du palais du Luxembourg (50 000/60 000 €). Une commande que le peintre obtint, alors qu’il était occupé depuis deux ans à la décoration du Palais-Bourbon. Or, la galerie Chaptal présente une esquisse de ce dernier projet, la première grande commande de Delacroix. «Il s’agit d’une esquisse mais il donne une idée assez précise de la composition à travers un trait assez sûr», souligne Julien Petit.
Et de Saunier À Picasso
L’art ancien étant finalement peu présent dans les galeries ce qui correspond à un désintérêt des jeunes générations, qui ne se reconnaissent plus dans les sujets religieux, comme le suggère André-Marie Ricoux , la plupart se concentrent sur le XIXe et le XXe siècle. La toute jeune enseigne Marek & Sons a choisi de mettre en avant un pastel de Henri Gervex (1852-1929), Sortie de Bal, vers 1900 (15 000/15 000 €), qui représente une élégante masquée laissant admirer son manteau rose et fluide. La galerie AB met l’accent sur Gérard Schneider (1896-1986), et plus particulièrement sur un pastel abstrait de 1949 (12 000 €) provenant de la collection de Giovanni Agnelli, l’ancien P-DG de la Fiat. «Ces œuvres graphiques sont rares dans le parcours de l’artiste car il va travailler rapidement à la gouache, à l’huile ou à l’acrylique», rappelle Agnès Aittouarès, qui est très heureuse également de proposer un dessin de Picasso de 1936, de la période de Guernica (250 000 €). Laura Pecheur crée l’événement avec six dessins d’Édouard Saunier, qu’elle sort pour l’occasion, tant il est rare de trouver sur le marché des œuvres de ce peintre, affichiste, dessinateur publicitaire et illustrateur, mort de la grippe espagnole, quelques jours après l’armistice de 1918. «En dix-huit ans de carrière, je n’en ai jamais vu !», s’enthousiasme la galeriste, qui précise que «si tous les dessins ne sont pas signés, ils portent le cachet de l’atelier fait par Saulnier lui-même». Pour des pièces presque uniques de ce proche des nabis et de Vuillard, la fourchette de prix sera comprise entre 4 000 et 6 000 €. La chasse au trésor peut commencer… 

 

À voir
Dessin au quartier Drouot, 17e édition,
du 16 au 30 mars, nocturne 
le jeudi 22 mars jusqu’à 22 h.

Exposition des highlights de la saison 
autour d'un cabinet de dessins 
du 13 au 21 mars à l’hôtel Drouot, 
en salle 9.


 

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