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Les Mai-Thu de la collection Pellevet

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 05 février 2023 - 14:30 (CET) - 14, boulevard Eindhoven - 14400 Bayeux

Pas moins de six peintures sur soie signées Mai-Thu marqueront la dispersion de la collection Jacques Pellevet, prochainement à Bayeux.

Mai-Thu, Le Petit Cours d’eau, la baignade, 1978, encre et couleurs sur soie signée... Les Mai-Thu de la collection Pellevet
Mai-Thu, Le Petit Cours d’eau, la baignade, 1978, encre et couleurs sur soie signée et datée, dans son cadre d’origine réalisé par l’artiste, 70 48,5 cm (sans cadre).
Estimation : 100 000/180 000 

Important entrepreneur normand, Jacques Pellevet (1945-2022) reprit en 1980 l’entreprise familiale Decharenton, spécialisée dans les fournitures pour automobiles et engins motorisés (voir l'article Collection Jacques Pellevet : un goût pour la Normandie et le Vietnam de la Gazette n° 2, page 12). À la faveur de sa réussite professionnelle, il va réunir au fil des années une importante collection de tableaux du XXe siècle, tant normands que parisiens, mais aussi six œuvres du franco-vietnamien Mai-Thu. Un ensemble acquis auprès de la galerie Apesteguy à Deauville. C’est au milieu des années 1950 que Mai-Thu rencontre Jean-François Apesteguy. Un événement qui changera radicalement la carrière du peintre, encore peu en vue à cette époque. Le galeriste devient alors son directeur artistique exclusif, valorisant désormais son travail grâce à des expositions thématiques régulières et à une communication plus importante auprès de grands collectionneurs, tant français qu’étrangers. Parmi eux, donc, Jacques Pellevet n’acquit pas moins de six Mai-Thu auprès de la galerie de Deauville, dont Le Petit Cours d’eau, la baignade, de 1978. Ce thème est cher à l’artiste, comme l’a prouvé dès 1968 une exposition à la galerie Cardo Matignon à Paris, « La femme vue par Mai-Thu », dans laquelle étaient présentées plusieurs peintures décrivant de telles scènes, entre érotisme et pudeur. Ces œuvres sont également révélatrices de l’onirisme du peintre dans les souvenirs de son pays d’origine. Dans cette composition étagée grâce aux contrastes de couleur (l’ocre de la terre, le bleu de la rivière et le vert de la végétation), les lignes délicates et ondulées des corps des jeunes femmes, chacune individualisées par leur position, évoquent la délicatesse et l’harmonie. Celles debout au sommet, au nombre de trois, nous rappellent aussi les figures des muses occidentales. Une synthèse entre les deux cultures chères à Mai-Thu, que l’on retrouve dans Gourmandise de 1975, où la délicate porcelaine bleu-blanc, la table en laque et les vêtements traditionnels de l’enfant et de sa mère sont traités dans une technique et une palette héritières de la peinture moderne française.
 

Mai-Thu (1906-1980), Gourmandise, 1975, encre et couleurs sur soie signée et datée, dans son cadre d’origine réalisé par l’artiste, 48 x 3
Mai-Thu (1906-1980), Gourmandise, 1975, encre et couleurs sur soie signée et datée, dans son cadre d’origine réalisé par l’artiste, 48 30,5 cm (sans cadre).
Estimation : 80 000/120 000 


 

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