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Le musée de la Romanité à la découverte de la Nîmes antique

Publié le , par Stéphanie Pioda

Les aquarelles de Jean-Claude Golvin (voir l'article Les cités ressuscitées de Jean-Claude Golvin de la Gazette n° 41 du 23 novembre 2018, page 288) ne sont pas que des reconstitutions de sites archéologiques « à vol d’oiseau » qui permettent de redonner vie à une Antiquité disparue. Elles traduisent un état de la connaissance...

Jean-Claude Golvin (né en 1942), Grande vue de l’amphithéâtre en chantier, 2022,... Le musée de la Romanité à la découverte de la Nîmes antique
Jean-Claude Golvin (né en 1942), Grande vue de l’amphithéâtre en chantier, 2022, aquarelle, encre, graphite, gouache, 75 110 cm (détail).
© Jean-Claude Golvin, collection Ville de Nîmes

Les aquarelles de Jean-Claude Golvin (voir l'article Les cités ressuscitées de Jean-Claude Golvin de la Gazette n° 41 du 23 novembre 2018, page 288) ne sont pas que des reconstitutions de sites archéologiques « à vol d’oiseau » qui permettent de redonner vie à une Antiquité disparue. Elles traduisent un état de la connaissance scientifique à un instant donné, comme en atteste cette exposition. « Dévoiler Nemausus » est pensée comme une balade dans la Nîmes du IIe siècle de notre ère, comme pourrait la faire un voyageur qui remonterait la via Domitia avant de franchir les murs de la cité par la porte du Cadereau, puis circulerait le long des principaux monuments : la tour Magne, le sanctuaire de la Fontaine, le temple de Diane, la Maison carrée, l’Augusteum, dont des fragments du fronton sont à voir dans le musée (voir l'article Ave, gladiateurs, le public vous réclame ! de la Gazette n° 24 du 15 juin 2018, page 28), tout comme la mosaïque de Penthée. L’amphithéâtre fait l’objet d’un focus particulier : entre le premier dessin de l’édifice en 1999 et la dizaine réalisée en 2022 pour l’exposition, le monument a fait l’objet depuis 2009 d’une importante campagne d’étude et de restauration qui se poursuit jusqu’en 2034. Ce point d’étape permet ainsi de mieux comprendre les techniques de construction, comme le met en image l’architecte-archéologue de façon didactique. D’une première suggestion à un dessin archéo-compatible, la recherche est donc passée par là, ce qui est valable aussi pour d’autres détails comme la couverture des tours de l’enceinte de six kilomètres : les toits recouverts de tuiles ont été remplacés par des toits en terrasses avec des murs crénelés. La scénographie reprend cette idée des échafaudages comme supports sur lesquels accrocher la cinquantaine d’aquarelles réunies, peut-être de façon trop systématique. Le parcours met en écho les amphithéâtres d’Arles, de Rome, de Tunisie… et se conclut sur l’utilisation faite par Ubisoft des dessins de Jean-Claude Golvin pour Assassin’s Creed® Origins, qui se déroule dans l’Égypte de Ptolémée XIII. De la rigueur la plus scientifique à la rêverie 2.0.

« Dévoiler Nemausus. Jean-Claude Golvin, un architecte et des archéologues »,
musée de la Romanité, 16, boulevard des Arènes, Nîmes (30), tél. 
: 04 48 21 02 10.
Jusqu’au 5 mars 2023.
www.museedelaromanite.fr
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