Le monde en tête, la donation Antoine de Galbert

Le 26 septembre 2019, par Anne Doridou-Heim
Chine, province du Guizhou, ville-district de Kaili, population miao. Diadème au phénix, alliage d’argent.
© Pierre-Olivier Deschamps/Agence VU’

Antoine de Galbert est un voyageur. Sans doute pas un aventurier, mais pas un touriste non plus, contrairement à ce qu’il a la modestie de dire. Après la fermeture de la Maison Rouge, il cherchait un écrin pour abriter son exceptionnelle collection de plus de 500 coiffes. Ce sera le musée des Confluences, ancré dans la région Rhône-Alpes, sa terre d’origine. L’institution, ravie de cette donation, lui dédie une exposition dans un espace spécialement scénographié, par l’agence Zen + dco, pour l’accueillir dans toute sa diversité. Le visiteur, tout comme son ancien propriétaire, ne pourra «qu’être ébahi devant la richesse du monde» ainsi dévoilée. Il a mis trente ans à constituer cet ensemble au fil d’acquisitions chez les antiquaires ou lors de ses pérégrinations. Sa collection n’a rien de muséographique : c’est celle d’un homme qui s’est passionné pour ces atours parlant aux esprits et aux hommes, avec ses limites, qui en font aussi le charme. Pour des peuples et leurs coutumes, particulièrement d’Afrique, d’Océanie et d’Asie, la section américaine est moins importante en nombre mais impressionnante en qualité. Au-delà de leur pure beauté formelle et de l’extraordinaire variété des matériaux employés, les coiffes offrent un discours visuel essentiel et, avec leurs représentations ayant valeur de symbole, autant de protections visibles contre les forces de l’invisible. Placées en hauteur ou vues de loin, elles informent sur le statut de celle ou celui qui la porte : portés par les jeunes filles en âge de se marier, arborés par les guerriers dont il faut valoriser les exploits, par les chasseurs ou les futurs initiés lors de rituels. On y découvre également la véritable passion africaine pour les couvre-chefs. Mais rien d’anecdotique dans ces ornements : les coiffes rythment le spectacle de la vie.

Musée des Confluences, 86, quai Perrache, Lyon, tél. : 04 28 38 12 12.
Jusqu’au 15 mars 2020.
www.museedesconfluences.fr
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