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Le minimalisme de Degottex

Publié le , par Claire Papon

Hantaï, Debré, Ljuba ou Barré sont les autres signatures qui s’égrènent au sommaire de cette vacation d’art contemporain.

Jean Degottex (1918-1988), Oblicollor contre noir 24-8-1983, 1983, acrylique, colle... Le minimalisme de Degottex
Jean Degottex (1918-1988), Oblicollor contre noir 24-8-1983, 1983, acrylique, colle sur toile de coton, 230 x 205 cm.
Estimation : 50 000/60 000 €
Adjugé : 128 000 
© Succession Jean Degottex / ADAGP, Paris, 2022

Généreux format que celui de la toile de Jean Degottex Oblicollor contre noir (voir photo). Pas de couleur mais de l’encre de Chine, et des bandes parallèles tracées au pinceau plat, un geste minimum et définitif, qui ne sont pas sans rappeler celui du calligraphe extrême-oriental. Rien que de très logique quand on sait que l’artiste fut attiré dès les années 1950 par la pensée zen. Une exposition lui est consacrée par la galerie Kamel Mennour, rue Saint-André-des-Arts, jusqu’au 23 juillet. Le nom de Martin Barré (1924-1993) est rare en vente publique. L’artiste nantais a poursuivi un parcours solitaire, scandé d’étapes nécessaires pour trouver un langage personnel. S’il ne cache pas, à l’adolescence, son admiration pour Léger et Le Corbusier, c’est de Mondrian et surtout Malevitch qu’il revendique l’héritage. «Toute la peinture me semble aboutir au carré blanc sur fond blanc de Malevitch et repartir de là», explique celui qui restera en dehors de toute école. Pour lui, la peinture est une réflexion sur l’espace où le geste de l’artiste se fait minimal. Des formes statiques, asymétriques dont les horizontales et les verticales s’animent progressivement dans une gamme réduite de couleurs. Très élaborée, sa production est peu prolifique, au rythme d’une série d’une vingtaine de tableaux tous les deux ans. La reconnaissance arrive, tardive et timide, au tournant des années 1980. Acquise à la galerie Daniel Templon par un amateur parisien, 72 x 73 – A - 130 x 120, dont le titre indique la période de création et les dimensions, illustre l’importance pour le peintre du travail sur la surface autant que sur les contours. L’œuvre – exposée au palais Galliera en 1974 et au musée d’art moderne de la Ville de Paris cinq ans plus tard – est estimée 80 000 à 120 000 €. Une rétrospective à la Fondation Louis Vuitton met Simon Hantaï sous les feux de l’actualité, à l’occasion du centenaire de sa naissance. Elle réunit plus de 130 œuvres jusqu’au 29 août. Celle proposée en vente, Panse, 1964, est, de l’avis de l’expert Gilles Frassi, un «petit bijou». Acquise auprès de la galerie Jean Fournier au début des années 1960, elle n'a pas quitté depuis une collection parisienne (30 000/40 000 €). À l’inverse de la toile d’Olivier Debré Grande Bleue, 1964 (225 195 cm), qui a fait le tour du monde, de Rio de Janeiro à Taipei en passant par Reykjavik, Milan, Pékin ou Mexico (70 000/80 000 €).

vendredi 17 juin 2022 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 10 - Hôtel Drouot - 75009
Crait + Müller
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