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Le Maître au Feuillage brodé

Le 21 février 2019, par Agathe Albi-Gervy

En plus de ses indéniables qualités esthétiques, ce panneau bénéficie d’une riche provenance pour le XXe siècle, scandé de noms aussi prestigieux que ceux de Calouste Gulbenkian, de l’écrivain et juriste sir Francis Beaufort Palmer, ou du vicomte et avocat britannique Cyril Radcliffe  à qui l’on doit le tracé des frontières…

Le Maître au Feuillage brodé
Maître au Feuillage brodé, actif à Bruxelles à la fin du XVe siècle, Nursing Madonna (Vierge allaitant), huile sur panneau, 85,7 71,1 cm.
Estimation : 150 000/250 000 $

En plus de ses indéniables qualités esthétiques, ce panneau bénéficie d’une riche provenance pour le XXe siècle, scandé de noms aussi prestigieux que ceux de Calouste Gulbenkian, de l’écrivain et juriste sir Francis Beaufort Palmer, ou du vicomte et avocat britannique Cyril Radcliffe  à qui l’on doit le tracé des frontières actuelles de l’Inde et du Pakistan. Plusieurs fois exposé et publié, il est attribué au Maître au Feuillage brodé depuis 1926, année où l’historien de l’art allemand Max Jakob Friedländer a remarqué la manière particulière dont ce peintre, demeurant malheureusement anonyme, traite les feuillages comme de véritables broderies. Selon cet ancien directeur de la Gemäldegalerie de Berlin, le peintre était actif à Bruxelles à la fin du XVe siècle, et serait l’auteur d’un groupe homogène de dix œuvres illustrant toutes une Vierge à l’Enfant, dans des poses similaires. De l’une à l’autre, seul le fond diffère, certainement pour répondre aux souhaits des commanditaires  ce qui suggère un marché plutôt lucratif. Loin d’être un artiste mineur, comme son anonymat pourrait le laisser entendre, le Maître au Feuillage brodé devait occuper une place dominante sur la scène artistique bruxelloise  rappelons que le palais des beaux-arts de Lille lui a consacré une exposition en 2005. Ses liens avec Rogier Van der Weyden (1400-1464) semblent évidents, le présent tableau ayant été attribué à ce dernier dans les années 1920, lorsqu’il était conservé dans les collections Beaufort Palmer et Gulbenkian. Sa composition est en effet semblable à celle du fameux Saint Luc dessinant la Vierge du musée des beaux-arts de Boston, commandé en 1436 par la Guilde de Saint-Luc pour la cathédrale de Bruxelles. On retrouve ici la même glorification de la Vierge et la même vision idéalisée d’un monde sans péché, peuplé de symboles liés à la madone : l’Hortus conclusus dans le jardin du fond, les lévriers, chiens des rois, ou encore le trône qui fait d’elle la future reine des cieux.
 

Mercredi 27 février, Philadelphie. Freeman’s.

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