Gazette Drouot logo print

Geneviève Claisse ou le langage de la forme géométrique

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 13 juillet 2024 - 10:00 (CEST) - 20, rue Jean-Jaurès - 06400 Cannes
Cet article vous est offert par la rédaction de la Gazette

Au moment où l’on rend hommage à Auguste Herbin au Musée de Montmartre, sa plus digne héritière, Geneviève Claisse, apparaît sur le marché avec cette toile de 1969.

Geneviève Claisse (1935-2018), Cercles, 1969, huile sur toile, signée et datée, 80... Geneviève Claisse ou le langage de la forme géométrique
Geneviève Claisse (1935-2018), Cercles, 1969, huile sur toile, signée et datée, 80 80 cm.
Estimation : 15 000/20 000 €

Lancée en 1964, la série «Cercles» est la plus emblématique de l’œuvre de Geneviève Claisse. Titrée également «Terre-siècle», elle s’intéresse au potentiel graphique et optique, au cinétisme bidimensionnel, de cette forme géométrique primaire. L’artiste travaillera sur cette série durant dix ans, la déclinant au fil d’innombrables dessins, tableaux et sculptures. Elle tend à l’épure des formes et des signes, jouant des contrastes de couleurs souvent franches à l’image, dans cette peinture, des rose, blanc, rouge, bleu et noir qui s’inscrivent dans une sorte de tunnel se rétrécissant peu à peu et nous entraînant par un jeu de perspective vers un abîme. Les années 1960 sont celles de la consécration pour Geneviève. Assimilée aux mouvements de l’op art et de l’art cinétique, elle expose régulièrement, comme en 1967 au musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fond, en Suisse, ou à l’Exposition universelle de Montréal. Un collectionneur suisse présente à Zurich, la même année, une trentaine de ses toiles acquises par lui entre 1959 et 1967. À Paris, la galerie Denise René, pionnière dans le mouvement de l’abstraction, l’exposera à plusieurs reprises entre 1961 et 1989. Geneviève Claisse attribue sa carrière et sa vocation d’une part à la lecture de la revue Art d’aujourd’hui au début des années 1950, et d’autre part à la rencontre avec Auguste Herbin (1882-1960). Elle a 18 ans quand elle fait la connaissance en 1953 de ce théoricien de l’abstraction géométrique, avec lequel elle a un lien de parenté qu’elle ignore, c’est le cousin de sa grand-mère de Quiévy dans le Nord d’où elle est originaire. Elle deviendra six ans plus tard son assistante, à une période où l’artiste est atteint d’hémiplégie. Claisse sera son ayant droit et exécutrice testamentaire, et publiera en 1993 le catalogue raisonné de son œuvre après dix ans de travail. D’avril 1959 à janvier 1960, elle l’aidera dans la réalisation de ses toiles qui seront très nombreuses durant cette période. Une époque qui inspirera sa première série sur les triangles et les carrés, avant de laisser place à la forme, symbole de perfection, du cercle.

samedi 13 juillet 2024 - 10:00 (CEST) - Live
20, rue Jean-Jaurès - 06400 Cannes
Cannes Enchères