Le grand opéra, 1828-1867. Le spectacle de l’histoire au Palais Garnier

Le 26 novembre 2019, par Sylvie Blin
Charles-Antoine Cambon, Esquisse de décor pour Gustave III ou Le Bal masqué, acte V, tableau 2, opéra de Daniel-François-Esprit Auber, 1833, plume, encre brune, lavis d’encre et rehauts de gouache, 46 59,5 cm.
© BnF / BMO

L’Opéra national de Paris vient clore les célébrations de son 350e anniversaire avec une exposition organisée avec la Bibliothèque nationale de France. Dans le prolongement d’«Un air d’Italie», présentée l’été dernier, elle poursuit l’exploration du genre lyrique dans les années 1828-1867, qui voient la naissance du grand opéra français avec Auber, Meyerbeer et Halévy, dont les œuvres ont pour beaucoup disparu de la scène. La Muette de Portici, Les Huguenots et La Juive ont pourtant fait les riches heures de l’institution parisienne et des grands théâtres européens. Tout comme l’art dramatique, l’opéra se détourne alors de la tragédie classique pour s’intéresser au drame historique, mis en valeur par une attention particulière portée à la scénographie, elle-même servie par les progrès techniques de ce début de XIXe siècle. Spectacle total, le grand opéra conserve également l’incontournable ballet, très prisé du public masculin, qui sera définitivement abandonné par les générations suivantes. Les grandioses esquisses de décor de Louis Daguerre, celui-là même qui inventa le procédé photographique, et la spectaculaire maquette pour l’acte III de L’Africaine de Meyerbeer donnent une idée du faste des mises en scène de l’époque. Soucieux de «vérité historique», les librettistes s’inspirent des événements passés et récents, quand ils ne les provoquent pas : La Muette de Portici d’Auber, donnée au théâtre de la Monnaie à Bruxelles, déclenche un soulèvement qui aboutit à l’indépendance de la Belgique. Décorateurs et créateurs de costumes observent eux aussi les monuments du passé, ou les recueils de Viollet-le-Duc. Très complète, l’exposition retrace avec brio cette histoire, en abordant les aspects musicaux, techniques, architecturaux, politiques… Et si l’on regrette l’absence de costumes et les couleurs trop agressives des cimaises, on apprécie les extraits diffusés tout au long du parcours.

Palais Garnier,
angle des rues Scribe et Auber, Paris IXe, tél. : 08 92 89 90 90.
Jusqu’au 2 février 2020.
www.operadeparis.fr / bnf.fr
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne