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Le goût de l’abstraction

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 26 octobre 2019 - 14:30 (CEST) - 14, rue des Jardins - 59000 Lille

Provenant de l’ancienne collection Philippe Leclercq, cette toile de Roger Bissière illustre sa prédilection pour les avant-gardes de la seconde moitié du XXe siècle.

Roger Bissière (1886-1964), Nuit d’Argonne, 1955, huile sur toile à matelas, 98 x 130 cm.... Le goût de l’abstraction
Roger Bissière (1886-1964), Nuit d’Argonne, 1955, huile sur toile à matelas, 98 130 cm.
Estimation : 30 000/40 000 

Né à Roubaix en 1899, Philippe Leclercq travaillait dans l’industrie du textile. Fervent croyant, ayant d’ailleurs reçu le titre de gentilhomme de Sa Sainteté, il fit ériger la chapelle Sainte-Thérèse de Hem (dans la métropole de Lille), aujourd’hui classée aux monuments historiques, entre 1953 et 1958. Les vitraux de ce bâtiment sont d’Alfred Manessier, les sculptures des fonts baptismaux d’Eugène Dodeigne et une tapisserie a été tissée d’après un carton de Georges Rouault. On retrouve certains de ces noms dans la sélection de quatre œuvres provenant de la collection de M. Leclercq, mort en 1980. L’art abstrait des années 1950 sera bien illustré grâce à quelques-uns de ses chefs de file, dont Manessier, avec Le Poële, de 1944 (32,5 18,5 cm), attendue à 4 000/6 000 €, et Serge Poliakoff, avec la gouache Composition aux traits (61 44 cm) de 1952, estimée 30 000/50 000 €. Ce dernier prônait une libération de la force créative. S’il trouva une réponse dans ses œuvres faites de formes colorées qui s’encastrent sans traits de séparation, Roger Bissière, quant à lui, choisit, après des débuts sous influence cubiste, des constructions faites de perpendiculaires entrelacées en superposition de touches de couleurs. Une véritable symphonie chromatique et luministe qui n’est pas sans rappeler les vitraux romans. Un art toujours porté par l’inspiration et le geste. «Il ne faut pas être pressé ni compter avec le temps ; la peinture n’obéit pas à nos désirs, c’est nous qui obéissons aux siens», disait-il. La célèbre galeriste Jeanne Bucher a participé à la reconnaissance de l’artiste en lui consacrant plusieurs expositions, dont une en 1956 au cours de laquelle fut d’ailleurs montrée cette Nuit d’Argonne. La dernière des quatre œuvres de la collection est en revanche figurative. 15 000/20 000 € sont ainsi annoncés pour une gouache, avec quelques rehauts de peinture, sur papier marouflé sur toile, intitulée Nu (esquisse) et composée vers 1905 par Georges Rouault. Une œuvre d’une grande force, entre fauvisme et expressionnisme, mais surtout unique.

samedi 26 octobre 2019 - 14:30 (CEST)
14, rue des Jardins - 59000 Lille
Mercier & Cie
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