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Le formisme de Zamoyski

Publié le , par Sophie Reyssat
Vente le 06 décembre 2020 - 14:00 (CET) - 9, rue Carnot - 92370 Chaville

Ce bronze d’un plâtre disparu témoigne du processus créatif d’Auguste Zamoyski, sculpteur avant-gardiste polonais.

Auguste Zamoyski (1893-1970), Eux deux (Ich Dwoje), bronze à patine noire, signé,... Le formisme de Zamoyski
Auguste Zamoyski (1893-1970), Eux deux (Ich Dwoje), bronze à patine noire, signé, fonte de Valsuani réalisée à partir du plâtre créé en 1919, tirage postérieur, h. 75 cm.
Estimation : 40 000/6000 €

On se souvient du succès de la Tête de Franz Lowy (h. 49 cm), un autre bronze d’Auguste Zamoyski présenté par la même maison, à l’été 2019, et qui avait établi un record pour l’artiste, à hauteur de 281 250 € (voir Gazette n° 29 de 2019, page 84). Il est de retour avec cette sculpture titrée Eux deux, de taille plus importante, et tout aussi emblématique de sa période formiste, qui a duré de 1917 à 1925. Né en Pologne, ce courant d’avant-garde est influencé par l’abstraction et le cubisme venus de l’ouest, mais il s’en démarque par son approche philosophique : avec la recherche de la forme pure, il s’agit d’atteindre l’essence cachée derrière les apparences. «On ne doit sculpter ni pour la gloire, ni pour l’argent, ni pour aucune autre raison sinon celle de contenter un besoin de forme. Plus cette raison est absolue et exclusive, plus la forme est pure […] Le Beau, c’est une joie désintéressée, pure (le pur besoin de forme), c’est une certaine harmonie entre le sujet et l’objet», explique l’artiste dans l’un de ses textes rassemblés dans le recueil Au-delà du formisme. Cette fonte de Valsuani, qui serait un tirage unique réalisé sur commande, a été exécutée entre 1950 et 1970, alors que Zamoyski est de retour en France après un séjour de quinze années au Brésil. Elle a pris pour modèle un plâtre qu’il conservait alors dans son atelier, comme le montre une photographie prise en 1926. La pièce a malheureusement aujourd’hui disparu, mais un cliché conservé dans les archives du musée de Varsovie fait état de cette création de 1919. Plusieurs versions de cette sculpture ont été réalisées, en bronze, en bois et en marbre. Le grand intérêt de celle présentée ce dimanche est qu’elle témoigne de la première étude de l’artiste, caractérisée par une base très spécifique, épaisse et légèrement trapézoïdale, qui a disparu dans les modèles ultérieurs.
 

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