Gazette Drouot logo print

Le choix de Natalia Gontcharova

Publié le , par Christophe Provot

Dans cette sélection d’œuvres de haute volée, celle de Natalia Gontcharova remportait les suffrages.

Natalia Gontcharova (1881-1962), La Gare, huile sur toile, vers 1913-1914, 97,5 x 156 cm.... Le choix de Natalia Gontcharova
Natalia Gontcharova (1881-1962), La Gare, huile sur toile, vers 1913-1914, 97,5 156 cm.
Adjugé : 963 000 

Parmi les vingt-neuf œuvres choisies proposées le mardi 21 à Drouot, celle-ci se distinguait aussi bien par ses dimensions (97,5 156 cm) que par son estimation de 500 000/800 000 €, ne la mettant pas à la portée de toutes les bourses. Peinte à Moscou vers 1913-1914, cette toile cubo-futuriste sobrement intitulée La Gare s’échangeait à 963 000 €. Natalia Gontcharova a su retranscrire l’atmosphère chargée de fumée et la mise en marche de la locomotive – sujet ô combien prisé des peintres depuis Turner jusqu’à Pannaggi – en un plan-séquence quasi cinématographique. En 1913, l’artiste signe avec son compagnon Mikhaïl Larionov (1881-1964) le manifeste fondateur du mouvement rayonniste (loutchizm), cherchant à rendre visibles les vibrations d’un objet – son «rayonnement de matière» – en leur conférant la forme de rayons colorés. Elle bénéficie de deux importantes rétrospectives en Russie, d’abord à Moscou en 1913, puis à Saint-Pétersbourg en 1914. Cette même année, elle est invitée par le galeriste Paul Guillaume à exposer dans son enseigne parisienne. Elle quitte définitivement son pays en 1915 avant de s’installer à Paris avec Larionov en 1917. Elle y collaborera avec Serge de Diaghilev pour la création des costumes, décors et affiches de ses célèbres Ballets russes, puis multipliera les expositions en France et dans le monde après la disparition de leur fondateur. Ses œuvres et celles de son compagnon tombent peu à peu dans l’oubli dans les années 1930, et il faudra attendre une trentaine d’années pour que Natalia Gontcharova bénéficie d’un regain d’intérêt et que soit enfin reconnue sa place dans l’historiographie de l’avant-garde russe. Son compatriote Serge Poliakoff (1900-1969) était récompensé à hauteur de 325 000 € pour une Composition abstraite (97 130 cm) de 1959, tandis que la toile Untitled (131 97 cm) de Karel Appel (1921-2006), peinte en 1958, se monnayait à 299 000 €.

Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne