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Le chantre de la femme tunisienne

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 07 décembre 2021 - 15:00 (CET) - 5, avenue d'Eylau - 75116 Paris

Les figures de ce monde oriental sont magnifiées sous le pinceau du Russe Alexandre Roubtzoff.

Alexandre Roubtzoff (1884-1949), Fatima et Manoubia, 1915, huile sur toile, 80 x 109 cm.... Le chantre de la femme tunisienne
Alexandre Roubtzoff (1884-1949), Fatima et Manoubia, 1915, huile sur toile, 80 109 cm.
Adjugé : 169 000 

La genèse de cette toile du peintre russe Alexandre Roubtzoff est parfaitement documentée, ce qui, ajouté au soin méticuleux porté à son exécution, a mené Fatima et Manoubia au résultat de 169 000 €. Grâce aux archives de l’Association artistique Alexandre Roubtzoff, on sait que le tableau fut réalisé en quatre jours, du 18 au 25 octobre 1915. Les œuvres peintes cette année-là témoignent d’un temps où l’artiste, après avoir sillonné la Tunisie fasciné par les paysages traversés, s’ouvre à la figure humaine, et en particulier aux femmes du pays. Il n’est pas aisé d’y avoir accès, mais il note dans son journal que c’est son guide Hadj Mansour qui le premier lui ouvre les portes d’une famille de Bédouins – laquelle a déjà posé devant l’objectif de Rudolf Lehnert (1878-1948). Dans ses premières œuvres les mettant en scène, il s’attache aux gestes, aux postures, aux costumes, aux tatouages aussi, et installe ses modèles dans le cadre d’une scène de la vie quotidienne – préparation du repas ou filage de la laine. Ce n’est que dans un deuxième temps, au début des années 1920, qu’il se concentre uniquement sur les physionomies, délaissant la contextualisation. Jamais personne d’autre ne réalisera une plus importante série d’œuvres dédiée à la femme tunisienne. Un autre visage oriental apparaissait avec Hassan, gardien de la girafe de Charles X (56 46 cm). Les traits de l’écuyer du consul de France Bernardino Drovetti, qui accompagna Zarafa tout au long de son périple depuis l’Égypte, sont connus par une toile de Claude-Marie Dubuffe (1790-1864) conservée au musée du Louvre. La peinture proposée ici semble être une réplique d’atelier, laquelle retenait 16 900 €. À signaler encore les 46 800 € de la vue algérienne d’Étienne Dinet (1861-1929) reproduite page 63 de la Gazette n° 43 (voir l'article Un Dinet au Sahara panoramique), El Gour-Brezina-El Bayadh (82 65,5 cm). Ce vertigineux paysage sans figure humaine offre un visage inattendu de ce converti à l’islam.

mardi 07 décembre 2021 - 15:00 (CET) - Live
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