Le cadran horloger démystifié

On 03 December 2019, by Anna Aznaour
 

« Les gens aiment ausculter le cadran d’une montre avec une loupe. Mais peu d’entre eux comprennent vraiment ce qu’ils voient », observe, un brin amusé, Helmut Crott, fondateur d’une maison de vente aux enchères à Mannheim. Ce chirurgien allemand, qui s’est lancé dans la collection et la vente d’antiquités à l’âge de 25 ans, vient de publier Le Cadran : visage de la montre-bracelet au XXe siècle. Sur la couverture, un mystérieux minois féminin, enfermé dans un cercle aux chiffres arabes : l’un des innombrables projets de Stern Frères, une entreprise genevoise spécialisée dans la conception et la réalisation de joyaux qui ont fait la renommée des plus grandes maisons horlogères durant plus d’un siècle (1898-2016). Le livre, richement documenté et somptueusement illustré, narre l’histoire de cette dynastie d’artistes-cadraniers, à travers ses créations et ses secrets de fabrication. Au fil des pages, le lecteur découvre que la maison Patek Philippe fut rachetée par les Stern en 1932, ce qui la sauva in extremis de l’asphyxie financière. Et que pendant la Seconde Guerre mondiale, les mêmes Stern créaient les cadrans de la collection «Calatrava» de Patek Philippe, ou encore ceux des chronographes Audemars Piguet au calendrier complet, avec phases de lune. S’ensuivent des chapitres qui mettent en lumière l’art de la peinture sur émail, celui du sertissage comme celui de la gravure, illustré, entre autres, par la montre pendentif érotique « L’adultère de Mars et de Vénus » du XVIIe siècle, provenant de Blois. Après les pages qui initient le lecteur aux diverses techniques de fabrication et du déchiffrage de leur décoration, l’auteur passe à l’analyse, de leur ébauche à leur finition, de trente-cinq cadrans de montres mythiques. Parmi eux, le Prince Brincard et la Stelline de Rolex, Royal Oak d’Audemars Piguet, mais aussi le must de Cartier, son modèle «Tank». Un glossaire de plus de quatre-vingt-dix entrées clôt ce manuel d’initiation à la lecture de « visages horlogers », que son auteur d’outre-Rhin a tenu absolument à écrire en français, malgré la forte demande du marché anglophone et de ses amis collectionneurs. « Cette langue, avec son atmosphère, sa beauté et sa distinction naturelle, convient le mieux à la thématique de l’horlogerie ! » assène l’expert, très recherché par les maisons de ventes, et dont la base de données horlogère compte plus de trois mille références.

Édité en 300 exemplaires par le docteur Helmut Crott, Le Cadran : visage de la montre bracelet au XXe siècle, 390 pages, 300 €.
Disponible sur : www.vintagewatchexpert.com/auction-news/14_le-cadran.html
Welcome La Drouot Gazette offers you 4 Articles.
You still have 3 article(s) left to read.
I subscribe