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Lacloche et Boivin à la pointe de la préciosité

Le 23 janvier 2019, par Anne Doridou-Heim

Du fait de nombreuses ramifications familiales, la date exacte de la fondation de la maison Lacloche par quatre frères jeunes et entreprenants passionnés de pierres précieuses, et son parcours entre Madrid, Bruxelles, Londres et Paris sont assez complexes à suivre avec certitude. En revanche, il est clair que dès la fin…

Lacloche et Boivin à la pointe de la préciosité
Jacques Lacloche II (1901-1999), bracelet manchette en ors de deux tons, composé de deux larges pattes à section rectangulaire reliées entre elles par un lien en forme d’anneau bombé et orné de deux éléments amovibles pouvant recevoir dix cabochons de corail, turquoise ou citrine, poids brut 109,40 g.
Adjugé : 120 960 €

Du fait de nombreuses ramifications familiales, la date exacte de la fondation de la maison Lacloche par quatre frères jeunes et entreprenants passionnés de pierres précieuses, et son parcours entre Madrid, Bruxelles, Londres et Paris sont assez complexes à suivre avec certitude. En revanche, il est clair que dès la fin du XIXe siècle et dans les premières années du XXe, elle ne fait que prospérer, rachetant même durant la Première Guerre mondiale le stock londonien de Fabergé. Ensuite, servie par d’excellents maîtres d’atelier, elle se fait remarquer lors des expositions de l’entre-deux-guerres pour ses bijoux, mais aussi pour des boîtes, poudriers, fume-cigarettes et autres châtelaines réalisées dans le plus pur style art déco, avant de fermer en 1935 victime collatérale du krach boursier de 1929. La suite appartient à l’un de leurs neveux, Jacques Lacloche II (1901-1999). Il s’installe à Cannes en 1936, avant de revenir place Vendôme. Lui se fait connaître par des broches, colliers et bracelets, pour l’exécution desquels il a l’intelligence de faire appel comme ses oncles aux meilleurs artisans. Ce bracelet en ors de deux tons, et surtout doté de deux éléments amovibles pouvant recevoir un jeu interchangeable de dix cabochons de corail, turquoise ou citrine , démontrait cette grande maîtrise tant esthétique que technique. Il était reçu avec une mention très bien de 120 960 €, et accompagnait avec classe une bague art déco en platine de la maison René Boivin. Cette dernière est un modèle de «bague bande», c’est-à-dire à tête importante, en forme de rouleau à gradins, portant au centre une bande entièrement pavée de diamants en serti grains. Du grand raffinement, dessiné par une certaine Suzanne Belperron (1900-1983), combinant modernité et préciosité et salué par un résultat de 26 460 €. Il est intéressant de noter qu’elle est datée 1932, soit juste avant que la chrysalide créatrice ne sorte de sa coquille anonyme chez Boivin, Belperron ne pouvait mettre son nom sur ses créations pour voler de ses propres ailes aux commandes de sa propre maison. Cette bague originale a de plus appartenu à Jeanne Griaule, l’épouse du célèbre ethnologue Marcel Griaule. Une belle histoire de femmes.

bijoux, argenterie
vendredi 30 novembre 2018 - 14:00 (CET) - Live
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Crait + Müller
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