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La virtuosité du second Empire

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 24 septembre 2022 - 14:00 (CEST) - 246-248, rue Giraudeau - 37000 Tours

Datée de la fin de l’époque Napoléon III, cette table de milieu à marqueterie Boulle illustre la parfaite maîtrise technique ainsi que la créativité d’Henri-Auguste Fourdinois.

Henri-Auguste Fourdinois (1830-1907) et probablement Victor Paillard (1805-1886),... La virtuosité du second Empire
Henri-Auguste Fourdinois (1830-1907) et probablement Victor Paillard (1805-1886), table de milieu en bois noirci et marqueterie dite « Boulle » d’écaille et de laiton, ornementation de bronzes ciselés et dorés, estampillé Fourdinois sous une traverse, 80 164 94 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

On n’utilisera pas le terme de « pastiche » pour cette table de milieu réalisée par Henri-Auguste Fourdinois. L’ébéniste parisien, qui dirigea l’entreprise familiale de 1867 à 1887, démontre tout son savoir-faire dans ce meuble qui évoque le meilleur des néo-styles de la seconde partie du XIXe siècle. En bois noirci, de forme mouvementée, il présente ainsi une marqueterie dite « Boulle » d’écaille et de laiton, avec notamment la somptueuse composition du plateau à décor mythologique, figurant Cérès, la déesse de l’agriculture et de la fertilité, face au dieu de la mer Neptune, chacun se tenant sous une serlienne à montants jumelés d’amours en caryatide. Quant aux riches ornementations de bronze ciselé et doré à motifs de masque d’homme barbu, visage féminin, feuille, rocaille en chute d’angle et sabots, elles auraient été réalisées en collaboration avec le bronzier Victor Paillard, chez qui Fourdinois fut dessinateur à la fin des années 1850. À la vue de sa qualité, cette table serait une commande de l’impératrice Eugénie à celui qui était alors son fournisseur attitré. Restaurée en 2012 par Bernard Lemaire, elle a d’ailleurs déjà fait l’objet d’articles dans la presse, et figuré à ce titre au Carrousel du Louvre lors du Salon du patrimoine en novembre de la même année. Une nouvelle consécration pour l’ébéniste qui apprit son métier auprès de son père, Alexandre-Georges Fourdinois (1799-1871), lui-même élève de l’atelier Jacob-Desmalter, et qui a fondé la maison Fourdinois en 1828. Henri-Auguste se forme par la suite auprès de l’architecte Félix Duban, notamment sur le chantier de restauration du château de Blois, avant de s’exiler, comme d’autres artistes après la révolution de 1848, en Angleterre. Là, il collabore avec l’orfèvre Morel, avec lequel il participe à l’Exposition universelle de 1851, remportant une médaille. Il reproduira cet exploit à plusieurs reprises, notamment lors de l’édition parisienne de 1867, où il se présentera seul, sans son père. Le South Kensington Museum de Londres ainsi que le roi d’Espagne lui achèteront à cette occasion des meubles.

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