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La Ville éternelle dans la chambre obscure au Museo di Roma

Publié le , par Zaha Redman

Installé dans l’un des grands palais de la piazza Navona, le Musée de Rome institution municipale possède un fonds important de tirages originaux et de négatifs anciens et modernes. Dès lors, une exposition consacrée à la Ville éternelle des photographes, des origines du médium à nos jours, est ici en quelque sorte dans...

Gioacchino Altobelli (1814-apr. 1878) et Pompeo Molins (1827-vers 1900), Temple de... La Ville éternelle dans la chambre obscure au Museo di Roma
Gioacchino Altobelli (1814-apr. 1878) et Pompeo Molins (1827-vers 1900), Temple de Minerve Medica avec cultures maraîchères, vers 1860, tirage albuminé.
© Museo di Roma

Installé dans l’un des grands palais de la piazza Navona, le Musée de Rome institution municipale possède un fonds important de tirages originaux et de négatifs anciens et modernes. Dès lors, une exposition consacrée à la Ville éternelle des photographes, des origines du médium à nos jours, est ici en quelque sorte dans son élément naturel. La tâche n’est pas commode, s’agissant d’un panorama très ample. Cette année, le climat politique et social est agité : nous sommes dans un temps de vaches maigres, et ces malaises sont évidents. Le cadre, tout d’abord : les grandes salles demanderaient des aménagements importants et coûteux pour une exposition photographique. Ils n’y sont pas. Quant à la bonne présentation des 320 clichés sélectionnés, elle est compromise par des confusions gênantes, comme si les deux commissaires Simonetta Tozzi et Flavia Pesci étaient dépassées ou dépourvues de moyens adéquats. Il y a des clichés merveilleux, notamment des tirages anciens de Giacomo Caneva, James Anderson ou Robert Macpherson, mais des choix contestables en nombre. Les sections thématiques sont discordantes, comme s’il y avait eu là des compromis douloureux. Ici un point de vue historique, à côté un regard paysager, ailleurs une chronique, et même un chapitre, intitulé «Le centre de la chrétienté», au parfum de naphtaline. Les discours plus ou moins légitimes, pas toujours clairs, se mélangent et finissent par obscurcir l’ensemble. Pour autant, de ce désordre décevant tire-t-on quantité de leçons sur le passé de la ville et son présent, son éphémère beauté ou sa ruine galvaudées depuis quasiment deux millénaires , sur les raisons de sa photogénie ou l’absence d’un grand maître de la discipline lui étant attaché, à l’instar d’un Brassaï pour Paris ou d’un Güler pour Istanbul. Il semble que le cinéma ait comblé cette capitale unique, bien plus que la photographie. Gageons que d’ici le bicentenaire de cette dernière, la promesse sera tenue.

Museo di Roma,
Palazzo Braschi, 2, piazza Navona, Rome, tél. 
: +39 060 608.
Jusqu’au 22 septembre 2019.
www.museodiroma.it
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