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La Tefaf Maastricht maintient son rang

Publié le , par Alexandre Crochet

Malgré une fréquentation en légère baisse, le cru 2018 était positif pour un grand nombre de marchands. Un plateau particulièrement somptueux en tableaux anciens et antiquités a attiré la crème des collectionneurs.

Giulio Cesare Procaccini (1574-1625), Le Retour du Fils prodigue, huile sur toile,... La Tefaf Maastricht maintient son rang
Giulio Cesare Procaccini (1574-1625), Le Retour du Fils prodigue, huile sur toile, 141,5 x 190,5 cm (détail).
Tefaf, Galerie Carlo Orsi.


Les avis étaient partagés à propos du vernissage lors de la dernière édition de la Tefaf Maastricht, au Mecc, le centre d’exposition et de congrès de la ville néerlandaise. Les organisateurs de la foire l’avaient cette année étalé non plus sur une seule journée mais sur deux jours. Avec 4 000 à 5 000 personnes, le jeudi 8 mars un quota délibérément restreint , l’ouverture n’était plus synonyme de foule chic et fébrile se précipitant vers les stands en jouant des coudes, mais laissait place à un marathon plus serein et, relativement, plus clairsemé. Cette mesure permettait de mieux voir les œuvres. Toutefois, «le vernissage perdait en intensité, il y avait un peu moins d’excitation. Et à vouloir diluer, certains invités relégués au second vernissage du vendredi se sont sentis lésés», confiait un habitué. Premiers arrivés, premiers servis… Est-ce en raison de ces restrictions ou de l’érosion de la fréquentation ces dernières années que le nombre des visiteurs est en légère baisse, autour de 68 000 visiteurs, quelque 3 000 de moins qu’en 2017 ? Quoi qu’il en soit, ce chiffre reste très élevé. Et l’ambition des patrons de la foire, Nanne Dekking et Patrick Van Maris, est clairement de viser les gros poissons au portefeuille bien garni, grâce à un plan de rénovation du Mecc, une amélioration des hôtels ainsi que des facilités aéroportuaires, le tout avec le soutien financier de Maastricht et de la région.
Solide et varié
À la différence de ses récents satellites new-yorkais, plus ciblés, la Tefaf Maastricht reste un lieu de concentration d’objets plus de 30 000 ! unique au monde par son éclectisme. Où, ailleurs qu’ici, peut-on à la fois trouver une tête de Sérapis romaine du IIe siècle (galerie Chenel), une horloge d’Augsbourg du XVIIe siècle en ivoire pépite de cette édition (prix supérieur à 5 M€, chez J. Kugel) , une peinture par la star du paysage du XVIIe siècle hollandais Hercule Seghers (8 M£, chez Dickinson) et des œuvres du Japonais Murakami, par la galerie Perrotin, dont c’était la première participation ? Si les chefs-d’œuvre absolus s’y font plus rares qu’il y a quelques années, le secteur de la peinture ancienne reste très solide. Selon le conseiller en dessins et tableaux anciens Nicolas Joly, pour qui l’un des clous était Le Retour du Fils prodigue de Giulio Cesare Procaccini, chez Carlo Orsi : «C’est un bon cru, solide et varié, notamment chez les piliers de la Tefaf, mais aussi sur les stands d’enseignes plus jeunes ou moins connues.» Parmi elles, les galeries Giacometti, de Rome, et Lullo-Pampoulide, de Londres, ont vendu une dizaine de toiles. La première présentait un superbe Saint Étienne en extase, par Bernardo Cavallino, la seconde a cédé entre autres un important tableau de Simon Vouet. Les ventes sont légion parmi les exposants. Des collectionneurs français, suisses et allemands ont acquis six œuvres chez Applicat-Prazan, dont un grand Fautrier et une toile de Martin Barré. Son confrère parisien François Laffanour (DownTown) a vendu «en majorité à des Hollandais avec plus de succès en photo et objets qu’en mobilier». Petit bémol : les nouveaux arrivants en design gagneraient à être placés à la suite de leurs camarades au lieu d’être dispersés plus loin. Une incohérence à corriger l’an prochain ?

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