La plus belle des maisons

Le 22 juillet 2020, par Sylvie Blin

De Maisons-Laffitte à Murol, on se promènera cet été dans toute la France, et dans les rêves de Kupka.

 

Considéré comme l’archétype de l’architecture classique française, le château de Maisons méritait amplement une nouvelle monographie, celle de Georges Poisson ayant déjà connu deux rééditions depuis 1973, et le bref guide de Claude Mignot, dans la collection « Itinéraires », ne pouvant prétendre à l’exhaustivité. Cinq membres de la Société des amis du château se sont donc mis à la tâche pour partager leurs connaissances et leur enthousiasme avec le lecteur. Le présent ouvrage n’est donc pas tant une analyse stylistique du chef-d’œuvre architectural de François Mansart (1598-1666), mais l’évocation de l’histoire des lieux, des origines à nos jours, à travers celle de ses différents propriétaires, de René de Longueil au Centre des Monuments nationaux. L’autre joyau des Yvelines – dans lequel Louis XIV viendra aussi puiser pour édifier celui de Versailles – est étudié sous toutes ses facettes, décors intérieurs, statuaire, art de vivre, jardin et destinations successives, en sept chapitres chronologiques. L’iconographie et la mise en page sont à la hauteur du sujet : vues extérieures et plans alternent avec peintures, gravures, objets d’art et photographies anciennes, et décrivent la vie de la maison, dans ses moments les plus heureux comme dans ses épreuves. Car tout chef-d’œuvre qu’il fût, le château de Maisons a dû faire face non seulement à deux guerres mondiales, mais aussi aux appétits encore plus redoutables des spéculateurs immobiliers, et à un projet de démolition pure et simple. Il ne devra sa survie qu’à l’intervention de l’État, qui s’en porte acquéreur dès 1905. Une histoire mouvementée décrite par le menu – au risque parfois de perdre son lecteur – jusqu’à son heureux dénouement, avec chantiers de restauration, enrichissement des collections et liste des tournages de films. Détail devenu rare, un index des plus utiles vient compléter l’ouvrage. On s’étonnera cependant de ne pas retrouver les noms d’historiens de l’architecture spécialistes de Mansart et du XVIIe siècle comme Jean-Pierre Babelon, Claude Mignot ou Jean-Marie Pérouse de Montclos dans la bibliographie, qui recense essentiellement les ouvrages des cinq auteurs.

Le château de Maisons. De la résidence aristocratique au monument historique,
éditions du Patrimoine, 176 
pages, 204 illustrations, 29 €.



 
Suivez le guideIndispensable ! Voici la nouvelle édition, refondue et mise à jour, du vade-mecum sans lequel les amoureux du patrimoine ne
Suivez le guide
Indispensable ! Voici la nouvelle édition, refondue et mise à jour, du vade-mecum sans lequel les amoureux du patrimoine ne sauraient mettre le nez dehors. 2 500 monuments et sites ouverts au public y sont recensés, région par région, avec un index alphabétique complet. Une publication ô combien précieuse à l’heure où la situation sanitaire incite à redécouvrir les beautés de l’Hexagone… Guide du patrimoine en France, éditions du Patrimoine, 952 pages, 19,90 €.
Kupka, pionnier de l’abstractionDeux ans après la rétrospective Kupka au Grand Palais, la collection « Dits » met l’artiste à l’honneur av
Kupka, pionnier de l’abstraction
Deux ans après la rétrospective Kupka au Grand Palais, la collection « Dits » met l’artiste à l’honneur avec Le Rêve de Kupka : La Vérité nue de la peinture. Ce bref ouvrage rédigé par l’historien de l’art Pascal Rousseau part du tableau Le Rêve pour interroger le sens de l’anticipation chez Kupka, sa pensée anarchiste et son rôle de pionnier de l’abstraction. Argumenté, il se penche sur la remise en cause des codes formels de l’espace par l’artiste. Pascal Rousseau, Le Rêve de Kupka : La Vérité nue de la peinture, INHA, 64 pages, 8 €.
Toi l’AuvergnatDe Murol, on connaît surtout le château, splendide édifice médiéval, ruiné mais majestueux. On connaît moins l’école de pei
Toi l’Auvergnat
De Murol, on connaît surtout le château, splendide édifice médiéval, ruiné mais majestueux. On connaît moins l’école de peinture, qui fit de ce village un rendez-vous d’artistes, entre 1820 et 1950. Le présent ouvrage entend analyser les raisons de cet engouement, et recense plus d’une centaine de peintres ayant constitué cette école régionale. Un répertoire très utile aux amateurs. Philippe Auserve, Murol, un rendez-vous d’artistes en Auvergne, éditions
de la Flandonnière, 300 pages, 45 €.

 
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne