La pendule à oiseau chantant : un mythe horloger

Le 17 juin 2021, par Vanessa Schmitz-Grucker

L’horloger de La Chaux-de-Fonds, le maestro suisse Pierre Jaquet-Droz (1721-1790), fut un précurseur des automates. Les oiseaux chanteurs étaient l’une de ses spécialités.

Jaquet-Droz, vers 1800, pendule de vestibule formant cage à oiseau, bronze, bronze doré, laiton, h. 45 cm, diam. 29 cm.
Adjugé : 118 500 CHF

Très en vogue dans les années 1780, les oiseaux chanteurs fascinaient les cours royales européennes. Ils sont devenus un véritable mythe horloger que l’on s’arrache aujourd’hui dans les salles de ventes. Celle de Piguet, à Genève, ne fut pas une exception le 11 juin dernier : sa pendule en forme de cage à oiseaux (vers 1800) a été adjugée 118 500 CHF, soit cinq fois son estimation. C’est un acheteur européen qui a remporté l’âpre bataille. Il faut dire que les cages à oiseaux Jaquet-Droz sont de véritables concentrés de savoir-faire artistique et technique, dignes d’intégrer les plus prestigieuses collections, telles celles du British Museum à Londres ou encore du musée des Arts décoratifs de Lyon. On en retrouve jusque dans la Cité interdite à Pékin ! Le mécanisme de notre volatile est composé d’un mouvement avec aiguilles des heures et des minutes indiquant le temps en chiffres romains, et d’un cylindre en laiton pour huit mélodies et neuf flûtes : de nombreux corps de métier ont dû intervenir sur cet objet, dont des artisans hautement spécialisés. Sa structure octogonale en bronze est agrémentée de panneaux imitation marbre, de montants en bronze doré et de grilles en laiton, le tout sur des pieds griffe enserrant des boules. Certaines de ces cages richement travaillées présentaient deux oiseaux et des éléments de décoration aussi précieux que du cristal. C’est bien souvent un serin au répertoire varié qui tenait le premier rôle, d’où leur surnom de « serinettes ». Napoléon aurait lui-même été séduit par ces objets : il en aurait fait don à Catherine de Wurtemberg, future Catherine Bonaparte après son mariage avec le frère de l’Empereur, un cadeau très en vogue à l’époque. L’oiseau chanteur est devenu l’ADN de la maison Jaquet-Droz qui perpétue, dans ses ateliers, la légende : il va désormais jusqu’à se nicher dans les bracelets-montres.
 

jeudi 10 juin 2021 - 19:00 - Live
Genève - 51, rue Prévost-Martin - CH-1205
Piguet Hôtel des Ventes
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