La Montagne fertile

Le 18 mai 2021, par Alexandre Crochet
Giovanni Giacometti (1868-1933), Soleil d’hiver à Maloja, 1926, huile sur toile.
© Stiftung für Kunst, Kultur und Geschichte, Winterthur

C’est une histoire à la fois grandiose et intimiste que déroule le Palais Lumière d’Évian. Grandiose, parce qu’elle convoque des paysages de montagnes presque inviolés, éclaboussés de soleil, été comme hiver. Intimiste, parce qu’elle raconte les liens amicaux, familiaux et artistiques de Giovanni Giacometti, de son fils Alberto, du maître de Giacometti père, Giovanni Segantini, mais aussi de Cuno Amiet et de Ferdinand Hodler. Sur la « montagne fertile » des Grisons suisses, qui donne son titre à l’exposition, entre la haute vallée de l’Engadine et le val Bregaglia, va naître une amicale émulation entre les membres de cette bande qui, souvent, autour de 1900, partagent le gîte comme les motifs et peignent presque côte à côte les mêmes cimes, les mêmes lacs, les mêmes champs de neige. Les brumes qui serpentent dans la vallée, dans un film muet de 1924 montré en incipit, se dissipent ensuite sous le pinceau presque pointilliste de Giovanni Giacometti dans Soleil d’hiver à Maloja, l’un des clous de l’exposition. Dans cette salle marchent Trois hommes d’Alberto, sculpture en bronze qui souligne à quel point le fils s’est émancipé du père, dardant un œil sur La Montagne dont il semble, dans cette peinture de 1930, disséquer la structure, quand la tonalité des autres artistes ici convoqués est bien plus légère et colorée. Au sous-sol, les beaux portraits expressionnistes d’Alberto par son père ou par Cuno Amiet complètent le parcours.

Palais Lumière,
quai Albert-Besson, Évian (74), tél. 
: 04 50 83 15 90
Jusqu’au 30 mai 2021.
www.palaislumiere.fr
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne