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La mode hippique vue par Frémiet

Publié le , par Caroline Legrand

Venue d’Angleterre, la vogue des courses de chevaux s’empare de la France au XIXe siècle. Emmanuel Frémiet y contribue volontiers avec ses compositions imaginatives et dynamiques. 

Emmanuel Frémiet (1824-1910), Chevaux de course et jockeys, bronze à patine brune... La mode hippique vue par Frémiet
Emmanuel Frémiet (1824-1910), Chevaux de course et jockeys, bronze à patine brune signé, fonte More, n° 56, 44,5 52 21 cm. 
Estimation : 32 000/35 000 Adjugé : 37 200 €

Si la première course de steeple eut lieu à Bedford, au Royaume-Uni, en 1810, l’hippodrome de Chantilly fut construit en 1834 en France, la même année que la fondation du Jockey Club de Paris. La fascination d’un mode de vie aristocratique encore préservé en Angleterre venait de s’emparer de la société bourgeoise française, et s’est rapidement diffusée dans le monde des arts. Le prouve ce célèbre groupe signé Emmanuel Frémiet, Chevaux de course et jockeys, que l’artiste présenta au Salon de 1855. Le succès de cette œuvre — aujourd’hui conservée au musée des beaux-arts de Dijon — l’amènera à être présentée dans plusieurs expositions internationales, dont celle universelle de 1885 à Anvers, ainsi qu’à être fondue du vivant de l’artiste à de nombreux exemplaires, tout d’abord par Boussod et Valadon, puis par Charles More. À la mort de Frémiet, en 1910, Barbedienne rachète les droits du groupe et poursuivra son édition. Ce bronze demeure très prisé de nos jours par son style naturaliste, mais aussi en raison de l’attention portée au moindre détail dans les tenues des jockeys et de leur monture. Un travail de précision qui n’oblitère pas pour autant l’effet de dynamisme émanant de cette composition pleine d’imagination. Emmanuel Frémiet a su imposer son style, bien différent de celui de la référence de l’époque en art animalier, Antoine-Louis Barye… Il fait son premier apprentissage auprès de sa tante Sophie Rude, peintre et épouse du sculpteur du Départ des volontaires de 1792 de l’Arc de triomphe. Les débuts sont néanmoins difficiles, et il doit accepter différents travaux pénibles, comme d’être employé à la morgue pour peindre les corps des cadavres. Mais l’homme est tenace. Sa persévérance lui permet d’entrer enfin dans l’atelier de Rude, puis d’exposer pour la première fois son travail au Salon de 1843. Les sujets animaliers occupent surtout la première partie de son œuvre, désormais célèbre grâce notamment à sa Jeanne d’Arc de la rue de Rivoli et à ses figures de Renommées ornant le pont Alexandre-III.

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