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La manière délicate de la botanique

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 05 novembre 2019 - 14:00 (CET) - Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009

Le premier usage de la manière noire imprimée en couleurs pour un ouvrage de botanique allemand recevait une juste récompense.

Johann Wilhelm Weinmann (1683-1741), Phytanthoza-Iconographia, Oder Ligentliche Vorstellüng... La manière délicate de la botanique
Johann Wilhelm Weinmann (1683-1741), Phytanthoza-Iconographia, Oder Ligentliche Vorstellüng (…), Regensburg, 1745, édition originale, volume in-folio basane.
Adjugé : 14 912 

La mezzotinte, autrement nommée «manière noire», est un procédé de gravure en creux de la plaque de cuivre qui, comme son nom ne l’indique pas, peut s’appliquer à l’impression en couleurs. Inventée par l’Allemand Ludwig von Siegen (1609-vers 1680) autour de 1642, perfectionnée par le Néerlandais Abraham Blooteling (1634-1690), qui l’introduit en Angleterre, elle est promise à un brillant avenir et permettra la production de remarquables planches déclinant toutes les nuances du noir. Puis un autre Allemand installé en France, Jacob Christoph Le Blon (1667-1741), y introduit la couleur, tout simplement en utilisant une plaque différente pour chaque teinte voulue. Cet ouvrage de botanique allemand illustre cette nouvelle technique. Il s’agit d’une édition originale de l’un des plus vastes traités sur les fleurs jamais encore publiés, proposé par un apothicaire et herboriste vivant à Ratisbonne, Johann Wilhelm Weinmann (1683-1741). Ambitionnant de réaliser une somme unique, complète et le plus réaliste possible, il fait appel à des scientifiques pour la rédaction ainsi qu’à trois graveurs augsbourgeois, Bartholomé Seuter, Johann Elias Ridinger et Johann Jacob Haid, pour les planches. Celles-ci ont donc été exécutées, et ce pour la première fois, par le biais de la mezzotinte en couleurs. Un travail dont le résultat unique, délicat et velouté permettait à cette édition de 1745 de se voir cueillir à 14 912 €. Dans le même registre botanique, vingt-neuf aquarelles de la fin du XVIIIe siècle réunies en un volume exprimaient 2 552 € et l’Histoire des plantes vénéneuses et suspectes de la France, de Pierre Bulliard en 1784 (voir l'article Qui s’y frotte… page 72 de la Gazette no 37 du 1er novembre), 1 181 €.

mardi 05 novembre 2019 - 14:00 (CET) - Live
Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009
Thierry de Maigret
Gazette Drouot
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