La foire Art Paris étrenne le Grand Palais Ephémère

Le 21 septembre 2021, par Alexandre Crochet

Première à dégainer dans l’embouteillage de foires de cette rentrée, Art Paris a su attirer de nouvelles galeries de poids, tout en gardant un niveau intermédiaire.

Art Paris 2021.
COURTESY ART PARIS

Pour la deuxième année consécutive, Art Paris a lancé en Europe la rentrée du marché. Première grande foire d’art contemporain en septembre, avec quelque 140 galeries, elle était aussi la première manifestation de cette envergure depuis près d’un an, à l’exception d’Arco Madrid, très espagnole et latino. D’où l’enthousiasme des visiteurs comme des exposants ! La foire a ainsi enregistré une fréquentation record, 72 746 entrées, dépassant 2020 et même 2019. Les raisons ? D’abord, un passe sanitaire désormais obligatoire, et rassurant. Ensuite, les visiteurs – presque tous français — étaient contents d’étrenner le Grand Palais Éphémère, écrin conçu par Jean-Michel Wilmotte et posé provisoirement sur le Champs-de-Mars. Un peu sombre avec peu d’ouvertures et une vue limitée sur la tour Eiffel pour les uns, il était réussi pour beaucoup d’autres, qui se rappelaient la FIAC sous une tente ou Porte de Versailles… Last but not least, Art Paris accueillait cette année un bataillon de galeries de haut vol – Perrotin, Kamel Mennour, Continua, Thaddaeus Ropac – rehaussant le niveau. Peu importe si certaines ne s’étaient pas foulées pour l’accrochage : elles étaient là ! Toutefois, si, grâce à ces participations, la foire gagnait en qualité, avec des œuvres proposées au-dessus des 100 000 € chez les plus grosses galeries, le panier moyen restait… moyen : entre 5 000 et 50 000 € selon les organisateurs. «C’est un grand succès», confie Suzanne Tarasieve, épuisée par l’affluence incessante, qui s’est délestée d’œuvres d’Eva Jospin, de Youcef Korichi ou encore, pour une fondation, d’Alin Bozbiciu. Presque en face, Anne de Villepoix a cédé quasiment tout son accrochage de peintures faussement acidulées de Marcella Barcelo, entre 800 et 20 500 €. Le jeune artiste graveur Oscar Marsal a rencontré un vif intérêt tout au fond du stand de la galerie Bessières avec ses dessins des ruines de Ninive détruites par Daech, entre Dürer et Hubert Robert. Pauline Pavec a vendu une douzaine de ciels peints par Adam Bogey, pour 5 000 €, dans la section Promesses des jeunes galeries. Pour François Dournes, de Lelong & Co – enseigne de retour après plusieurs années d’absence –, «Art Paris attire en nombre une clientèle intimidée par la FIAC, qui a une image de foire chère et d’art contemporain international. Certains visiteurs sont parfois tout aussi fortunés, mais ne sont pas encore accoutumés à la décision d’achat». La galerie a vendu notamment des œuvres de Barthélémy Toguo, Etel Adnan ou Marc Desgrandchamp, entre 8 000 et 60 000 €. Avec peu d’installations, de photos, d’art abstrait ou conceptuel, Art Paris reste plus que jamais la vitrine sans complexe de la peinture et de la figuration, réussie dans la sélection du commissaire Hervé Mikaeloff, de Thomas Lévy-Lasne (Filles du Calvaire) à François Malingrëy (Le Feuvre & Roze), ailleurs parfois moins heureuse. Dans une conjoncture très encombrée, Art Paris a su tirer son épingle du jeu. Qu’en sera-t-il au printemps 2022, quand elle réintègrera son créneau habituel ?

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