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La collection Andrault : Escales avec esprit(s)

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Ce ne sont pas moins de soixante-dix années de collecte des époux Michel et Catherine Andrault qui se trouvaient ici racontées, dispersant leurs fruits aux vents porteurs des esprits. Des centaines d’objets, du plus infime au plus imposant pour certains retenus pour l’«Événement» de la Gazette no 24 du 15 juin (page 16)...

La collection Andrault : Escales avec esprit(s)
Nouvelle-Irlande, île du Nord, probablement XIXe siècle. Masque matua, bois, pigments et fibres, h. 64 cm.
Adjugé : 77 500 €

Ce ne sont pas moins de soixante-dix années de collecte des époux Michel et Catherine Andrault qui se trouvaient ici racontées, dispersant leurs fruits aux vents porteurs des esprits. Des centaines d’objets, du plus infime au plus imposant pour certains retenus pour l’«Événement» de la Gazette no 24 du 15 juin (page 16) , et qui totalisaient 1 243 312 €. Accomplie avec passion, l’œil toujours curieux et sans aucun préjugé, la réunion de cet ensemble se promenait sur plusieurs continents, avec un passage obligé des plus essentiels en Océanie, et plus particulièrement en Nouvelle-Irlande. Cette île de la mer des Salomon a donné naissance à de nombreux artefacts, dont une exposition au musée du quai Branly au printemps 2007 avait permis de mesurer toute la diversité. Les Andrault ne l’avaient pas attendue pour le comprendre. Sur les traces de la Korrigane, ils avaient acheté lors de la vente Vérité de 2006 une sculpture malagan (h. 132 cm, ici 62 500 €), un masque kepong, en bois rehaussé de pigments et fibres (voir détail page 48), et un masque matua (reproduit ci-dessus). Les deux dernières pièces frappaient leurs esprits et les nôtres ! L’une montrait un visage stylisé au nez imposant réalisé dans une planche sculptée et ajourée et, chose assez exceptionnelle, une tête de cochon un animal bénéfique indissociable des cultures mélanésiennes peinte d’un décor asymétrique, dans la partie inférieure. Quant à la seconde, un visage également mais noyé sous une profusion d’oiseaux et de poissons volants, il s’agit d’un masque «errant», chargé de lever les tabous à la fin des cérémonies commémoratives. Elles s’en allaient vers de nouveaux horizons, auréolées respectivement de 106 250 et de 77 500 €. Direction l’Afrique. Une paire de statues jukun obtenait 37 500 € et, dans l’ensemble d’œuvres mumuye pour lesquelles Michel Andrault avait développé un attachement particulier , les plus belles effigies anthropomorphes retenaient des résultats à leur hauteur, entre 20 000 et 35 000 €. Changement de continent à nouveau, avec une sculpture de Vajra Vaharani de la vallée de Katmandou. En bois à dominante rouge, elle dansait pour séduire à 60 000 €. La curiosité n’ayant pas de limite se glissaient encore, dans cet ensemble, des porte-aiguilles à tricoter et des œuvres de Philolaos (1923-2010), objets de l’encadré de l’«Événement» ci-dessus mentionné. Le sculpteur de la même génération que le collectionneur voyait sa maquette (h. 93 cm) en inox martelé de L’Oiseau mécanique conçu pour être placé au sommet d’une voile en béton de La Défense ouvrir ses ailes à 20 000 €.

 

Nord de la Nouvelle-Irlande. Masque kepong, bois, pigments et fibres, h. 43 cm. Adjugé : 106 250 €
Nord de la Nouvelle-Irlande. Masque kepong, bois, pigments et fibres, h. 43 cm.
Adjugé : 106 250 €
lundi 25 juin 2018 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 14-15 - Hôtel Drouot - 75009
De Baecque et Associés
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