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La baronne Renée Frachon, modèle de Brancusi et intrépide voyageuse

Publié le , par Laurence Mouillefarine

Elle inspira à Brancusi son admirable sculpture La Muse endormie. Alors que le Centre Pompidou célèbre le sculpteur, abordons le destin de celle qui fut une intrépide voyageuse, une poétesse et une romancière. Autre fait de gloire pour l’époque, l’aristocrate vécut centenaire.

© Luc Paris La baronne Renée Frachon, modèle de Brancusi et intrépide voyageuse
© Luc Paris
Agay, mars 1909  : «Merci des photographies du chef d’œuvre reçues ce matin. Cher ami, bien qu’elle ne soit pas encore achevée et que la bouche soit encore informe il est déjà très intéressant, vraiment beau. Vous serez si gentil de ne pas me laisser front nu. Vous savez que je tiens beaucoup à la lourde boucle, de cheveux qui descend sur mon front.» Ces lignes, quelque peu directives, destinées à Constantin Brancusi, émanent de la baronne Frachon, laquelle lui inspira sa merveilleuse Muse endormie . Le «chef d’œuvre» est alors à l’ébauche. Apparemment, le sculpteur ne tiendra pas compte de la requête de la coquette damoiselle… Sur la figure définitive, épurée à l’extrême, le front est dénudé et la chevelure, tirée en arrière. Le nom de Renée Irana Frachon surgit également sur le cartel de la première sculpture dévoilée dans la rétrospective Brancusi au Centre Pompidou. En 1963, celle-ci légua au musée national d’Art moderne le précieux exemplaire en bronze poli de La Muse que lui avait offert le maître. Chère baronne… Avouons-le, jusque-là, nous ne savions pas grand-chose à son sujet. Cette lacune, justement, a piqué la curiosité d’un chercheur amateur, Vincent Guiot, heureux de partager avec nous le fruit de son enquête. Il est intarissable (voir page  248). Renée Frachon, Toussaint…
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