Gazette Drouot logo print

L’épure avec Printz, Lê Quoc Loc, Foujita…

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 06 novembre 2021 - 11:00 (CET) - 12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux

Printz et son élégance rigoureuse, Gromaire et ses solides compositions… Toute la force des arts de l’entre-deux-guerres était mise en lumière dans la métropole girondine.

Lê Quoc Loc (1918-1987), laque et rehauts d’or sur panneau de bois, diptyque signé... L’épure avec Printz, Lê Quoc Loc, Foujita…
Lê Quoc Loc (1918-1987), laque et rehauts d’or sur panneau de bois, diptyque signé en bas à droite et daté, 80 60 cm (chaque panneau).
Adjugé : 76 250 

En majesté, l’ensemble inédit d’Eugène Printz, longuement détaillé dans la Gazette n° 37 (voir l'article Eugène Printz, un prince de l’Art Déco à Casablanca page 16). Rappelons que ce mobilier faisait partie du projet de décoration globale, réalisée par l’artiste dans les années 1930 pour la villa d’un certain M. X. à Casablanca, au Maroc. L’ébéniste parisien a dessiné plusieurs pièces aux lignes particulièrement novatrices, tel un secrétaire-commode des environs de 1935 en placage de bois de violette, au corps décrivant un trapèze aux parties latérales curvilignes, ouvrant en son centre par trois tiroirs surmontés d’un abattant (116 153 36 cm). Ce modèle sera d’ailleurs présenté au Salon des artistes décorateurs de Paris en 1936 ; notre exemplaire, quant à lui, a inscrit 16 600 €. Plus épuré encore, lui succédait un miroir circulaire à l’encadrement de laiton patiné (diam. 90 cm), qui ne tardait pas à refléter 20 300 €. D’ailleurs, une photographie ancienne l’accompagnait, le montrant in situ, accroché dans la villa marocaine. Pour cette dernière, Printz avait même imaginé des tapis aux motifs géométriques, dont un lot de trois pièces (un de grandes dimensions et deux petits, 245 115 cm et 180 82 cm) en laine au point noué était proposé. Il changeait de mains contre 4 900 €. La peinture du XXe siècle n’était pas en reste, avec une série impressionnante d’œuvres des années 1930 et 1940… Notamment un diptyque de laque à rehauts d’or sur panneau de bois, signé par le Vietnamien Lê Quoc Loc (80 60 cm chacun) ; décrivant un Village de pêcheurs au bord d’un lac, il provient de la collection de Charles Coulier, un colon installé en Indochine en 1923, qui vingt ans plus tard achètera directement à son auteur un paysage exotique. Cette fois, l’œuvre a décroché 76 250 €.
 

Vu dans la Gazette n° 38 (page 125), le tableau de Marcel Gromaire (1892-1971) a fait forte impression : un Paysan fuyant l’orage (cabinet
Vu dans la Gazette n° 38 (page 125), le tableau de Marcel Gromaire (1892-1971) a fait forte impression : un Paysan fuyant l’orage (cabinet Maréchaux). La toile signée et datée (82 100 cm), peinte en 1945, est emblématique de son travail mettant en scène les travailleurs dans leur quotidien. L’œuvre a été exposée à plusieurs reprises, en particulier à la galerie Louis Carré & Cie, à New York en 1949 ; par ailleurs, elle a été référencée sous le n° 556 dans l’ouvrage Marcel Gromaire : la vie et l’œuvre (Bibliothèque des Arts, 1993) avant d’être vendue ici 76 250 €.
Moïse Kisling (1891-1953) est l’autre vedette du Montparnasse des Années folles ; il s’y s’installe avant 1914, et le retrouve après le co
Moïse Kisling (1891-1953) est l’autre vedette du Montparnasse des Années folles ; il s’y s’installe avant 1914, et le retrouve après le conflit auquel il a participé, et qui lui a valu d’obtenir la citoyenneté française. Il devient alors le peintre d’une femme moderne et libérée, souvent incarnée sur la toile par l’icône Kiki… Ses modèles sont convoités, à l’image de ce Petit nu assis brossé en 1932 et adjugé 15 375 €. L’œuvre signée (22,3 16 cm) est référencée sous le n° 61 dans l’ouvrage d’Henri Troyat et Jean Kisling consacré à l’artiste d’origine polonaise (tome II, 1982).

Grande prêtresse ou danseuse sacrée ? Le doute subsiste, mais dans tous les cas, il s’agit de l’un des sujets préférés de Demeter Chiparus
Grande prêtresse ou danseuse sacrée ? Le doute subsiste, mais dans tous les cas, il s’agit de l’un des sujets préférés de Demeter Chiparus (1886-1947) : la femme, de préférence mystérieuse et vêtue à l’antique. Intitulé L’Offrande, ce modèle a été conçu vers 1925 ; l’importante sculpture chryséléphantine (h. 54 cm) est donc constituée de bronze à double patine argent et vert sombre à l’antique, et bien sûr d’ivoire finement sculpté (visage, bras, mains et pieds). Cette fonte d’édition ancienne des alentours de 1930, signée «Chiparus» et portant le n° 6738 vers la base, a remporté 17 850 €.
Tsuguharu-Léonard Foujita (1886-1968) a su capturer, en seulement quelques traits légers, l’esprit de fantaisie de son temps. En témoigne
Tsuguharu-Léonard Foujita (1886-1968) a su capturer, en seulement quelques traits légers, l’esprit de fantaisie de son temps. En témoigne ce Buste de la danseuse, modèle, tracé en 1928. Il s’agit d’un dessin à la plume, au lavis et à l’estompe, signé et daté en bas à droite (31,2 26,8 cm). Une jeune fille qui fréquentait sans nul doute l’univers des «Montparnos», et posait pour ses peintres et sculpteurs, est le sujet de ce beau profil expressif, tourné vers la droite, et disputé jusqu’à 33 825 €. Ajoutons qu’il est accompagné d’un certificat de Sylvie Buisson.
© Succession Foujita, 2021
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne