L’enfant dans l’art suisse : d’Agasse à Hodler à Genève

Le 08 septembre 2020, par Anna Aznaour
Ferdinand Hodler (1853-1918), Portrait de Sophie et Louis Weber, 1892 ou 1893, huile sur toile, 138,5 99 cm.
© MAH, photo : F. Bevilacqua

« Nul de nous n’est assez philosophe pour savoir se mettre à la place d’un enfant », affirmait Jean-Jacques Rousseau. Faute de pouvoir y arriver, deux cents pièces exposées à Genève permettent cependant d’apprivoiser un siècle (1830-1930) d’évolution de son statut dans la société helvétique. Un rendez-vous d’autant plus spécial que la ville natale de l’écrivain a dépoussiéré pour l’occasion les trésors cachés – peintures, sculptures – de son musée d’art et d’histoire. Constituées en partie grâce aux fonds que le peintre François Diday, décédé en 1877, légua à la cité, ces riches collections ont été acquises par l’institution directement auprès d’artistes locaux. Parmi les œuvres présentées, la lumineuse Après le bain de Martha Stettler, impressionniste suisse ayant fondé et animé l’Académie de la Grande Chaumière à Montparnasse.Le tableau a, par ailleurs, le mérite d’avoir inspiré l’idée de cette thématique à Brigitte Monti, collaboratrice scientifique du musée depuis trente ans et commissaire de l’exposition. Avant de prendre sa retraite, l’historienne d’art a décidé de réhabiliter les créateurs presque oubliés, sinon méconnus, de sa patrie. L’un d’entre eux, Wilhelm Balmer, n’est autre que celui qui acheva en 1914 la fresque la plus familière des Suisses – La Landsgemeinde – qui tapisse le mur du fond de leur parlement à Berne. Le public pourra retrouver l’artiste devant son tableau Les Deux Frères daté de 1900, qui ne manquera pas de choquer les plus prudes avec la nudité triomphante de l’un des enfants, au beau milieu de la toile. Tandis que la peinture L’Enterrement de mon enfant, de Daniel Ihly (1884), procurera des frissons aux plus réceptifs des visiteurs. Entre douceur et dureté, la scénographie, qui se divise en quatre sections – la maternité, l’enfant en famille, l’enfant en société et la souffrance de l’enfant –, offre l’opportunité de découvrir, voire redécouvrir, des œuvres et des noms qui sauront intriguer leurs explorateurs.

Musée d’art et d’histoire (MAH),
2, rue Charles-Galland, Genève,
tél. 
: +41 (0) 22 418 26 00.
Jusqu’au 31 décembre 2020.
www.institutions.ville-geneve.ch/fr/mah/ 
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