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L’Empire est toujours à la fête

Publié le , par Sophie Reyssat
Vente le 09 novembre 2021 - 10:30 (CET) - 9-11, rue Royale - 77300 Fontainebleau

La manufacture de Sèvres, l’orfèvre Nitot et l’atelier du Baron Gérard séduisaient collectionneurs et institutions.

Sèvres, 1808, assiette à dessert du service particulier de l’Empereur, dit «service... L’Empire est toujours à la fête
Sèvres, 1808, assiette à dessert du service particulier de l’Empereur, dit «service des quartiers généraux», représentant la fête sur le mont Saint-Bernard à l’occasion des funérailles du général Desaix, aile à fond vert de chrome décoré en or d’une frise de glaives reliés par une guirlande de feuilles de laurier et alternées d’étoiles, signée Swebach, diam. 23,2 cm.
Adjugé : 350 000 

Le premier Empire revivait à Fontainebleau pendant trois jours, du lundi 8 au mercredi 10, avec près de 800 lots, dont 80 % trouvaient preneur (voir Gazette n° 39, pages 98-99). Une réussite, alors que s’achève bientôt l’année célébrant le bicentenaire de la mort de Napoléon. Le mardi 9 réunissait les plus beaux résultats. Attendue au plus haut à 180 000 €, cette assiette de son service dit «des quartiers généraux» en est l’emblème, à 350 000 €. Un résultat à la hauteur de l’originalité de son décor montrant les soldats dévalant la pente du mont Saint-Bernard pour rendre hommage à leur héros de Marengo mort au combat, le général Desaix. La manufacture de Sèvres se faisait encore remarquer, à 125 000 €, pour son cabaret des femmes célèbres produit en 1810-1811, et offert par l’Empereur à sa sœur Pauline Borghèse. Rappelons qu’en mars, déjà, 262 500 € étaient prononcés pour celui offert par Marie-Louise à la comtesse de Ségur (voir Gazette n° 13, pages 90-91). Aux cimaises, le Portrait de l’Empereur Napoléon Ier en costume de sacre, peint dans l’atelier du Baron Gérard, décrochait 97 500 € (168 135 cm), tandis que le Portrait de l’Impératrice Eugénie en manteau rouge à col de fourrure, portant sur ses genoux le prince impérial, exécuté en 1857 par Charles Édouard Boutibonne d’après Franz Winterhalter, obtenait 31 250 € (116 84 cm). Outre un achat du musée de la Corse, neuf préemptions ont été prononcées pour le compte du château de Compiègne, du musée de la Légion d’Honneur et des ordres de chevalerie, du musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, et du musée de l’Armée (voir ci-dessous). Le dessin de la coiffeuse de l’Impératrice Marie-Louise par Cavelier, d’après Prud’hon, restait dans les cartons (voir l'article Les mille et une facettes de l’Empire de la Gazette n° 39, pages 98). Pour celui attribué à David et à son atelier, montrant un projet d’insigne de la Légion d’honneur, le résultat ne nous a pas été communiqué.
 

La Réunion des Musées nationaux préemptait ce drapeau des grenadiers du bataillon Napoléon à l’île d’Elbe, à hauteur de 47 500 €, pour le
La Réunion des Musées nationaux préemptait ce drapeau des grenadiers du bataillon Napoléon à l’île d’Elbe, à hauteur de 47 500 €, pour le compte du musée de l’Armée (80 90 cm, M. Dey, expert). L’institution conserve déjà un drapeau des chevau-légers polonais ayant eux aussi accompagné l’Empereur sur l’île, comme l’autorisait le traité de Fontainebleau, qui fixait les conditions de son exil après sa première abdication. Ces pièces en soie brodée ont été confectionnées à Naples en 1814. Trois fois par semaine, le bataillon faisait l’exercice, et assistait à la grande revue du dimanche sur la place d’armes.
Ce grand pot à eau (h. 378 cm) et son bassin (47 x 21,5 x 8,5 cm) en porcelaine, produits par Sèvres en 1807, ont été offerts à Joachim Mu
Ce grand pot à eau (h. 378 cm) et son bassin (47 21,5 8,5 cm) en porcelaine, produits par Sèvres en 1807, ont été offerts à Joachim Murat par Napoléon cette même année. Il fallait aujourd’hui prévoir 65 000 € pour s’en porter acquéreur (M. Froissart C., expert). Charles Percier a donné son nom à cette aiguière, dont il a dessiné le modèle. Marie-Victoire Jaquotot a été chargée de peindre son décor de naïade à la manière d’un camée. Au centre du bassin, le décor de Delafosse lui répond sous la forme d’un cheval marin ailé. Travaillé par Boullemier jeune et Constant, l’or est partout, de la tête de bélier et des hippocampes servant d’anses, aux motifs animaux et végétaux se découpant sur le fond «beau bleu».

Avec sa couronne de lauriers retenus par un nœud de ruban, ses vases étrusques en appliques dans des encadrements et sa frise de laurier e
Avec sa couronne de lauriers retenus par un nœud de ruban, ses vases étrusques en appliques dans des encadrements et sa frise de laurier en ceinture, cette commode à portes (90 159 63 cm), pouvant former meuble d’appui, est emblématique des ornements appréciés sous l’Empire. Fabriquée en acajou, portant un marbre de Boulogne dit «Napoléon», et estampillée «Jacob D rue Meslée», elle se négociait à 28 700 € (Mme de La Chevardière, expert). Elle est à rapprocher d’un modèle conservé au château de Fontainebleau, livré en 1810 par Jacob Desmalter et Cie pour la chambre à coucher du premier appartement du prince souverain.
Le talent des Nitot père et fils, joailliers bijoutiers attitrés de la famille impériale, était largement salué (M. Dey, expert). 175 000 
Le talent des Nitot père et fils, joailliers bijoutiers attitrés de la famille impériale, était largement salué (M. Dey, expert). 175 000 € étaient requis pour une boîte à dragées au chiffre de Marie-Louise, façonnée par Étienne vers 1810 et ornée de paysages émaillés. Elle aurait été offerte à l’Impératrice par Napoléon à son arrivée en France (9 6,5 2,2 cm). Le travail de François était remarqué à hauteur de 65 000 €, avec ce bracelet acrostiche offert par Napoléon à sa sœur Élisa, pour la naissance de sa fille Élisa Napoléone. Ses gemmes forment un rébus. Si l’on retient la première lettre du nom de chacune de ses pierres, intercalées avec des chiffres ajourés, on peut lire «Napoléon 3 juin 1806 à Lucques» (l. 16,5 cm, poids brut 15,91 g).
mardi 09 novembre 2021 - 10:30 (CET) - Live
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