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L’art, valeur refuge

Publié le , par Vanessa Schmitz-Grucker

À l’occasion de la clôture d’Art Basel le week-end dernier, Artprice s’intéresse de plus près à la vigueur du marché de l’art. Force est de constater que le segment Fine Art a le vent en poupe.

© cristina guerra contemporary art, art basel 2022 L’art, valeur refuge
© cristina guerra contemporary art, art basel 2022

Non seulement les 3,2 Md$ qu’il générait en 2000 sont passés à 17,1 Md$ en 2021, soit une augmentation de 433 % en vingt ans, mais en outre le nombre de transactions a été multiplié par plus de deux (2,4), passant de 272 000 lots en 2000 à 664 000 en 2021. Les principaux conseillers en art ont tous relevé, ces dernières semaines, l’emballement du marché.

Dans un rapport pour Art Basel, Clare McAndrew précise que, après une chute de 22 
% en 2020, le marché de l’art a regagné 29 % en 2021 et que le budget des collectionneurs a également sensiblement augmenté durant la pandémie. Allan Schwartzman, de Schwartzman & Associates – société de conseil créée par Schwartzman en 2020 après son départ de Sotheby’s –, note qu’il y a toujours plus de collectionneurs en mesure de ne réunir que « le meilleur » – à l’image des ventes rocambolesques d’art contemporain de mai, notamment celle de la collection Amman –, ce qui n’est pas sans conséquence pour le marché intermédiaire, qui serait, désormais, plus difficile à écouler. Et ce, d’autant plus qu’un autre phénomène se dessine : Schwartzman constate un engouement pour les artistes émergents (voir l'article 
L’Observatoire : les artistes de moins de 40 ans à suivre Gazette n° 24, page 22), une frénésie qui pourrait faire craindre que le marché ne se détraque : quand, il y a encore cinq ans, un jeune artiste faisait ses premiers pas en salle autour de 10 000 $, il n’est plus rare aujourd’hui de voir des débuts autour de 300 000/500 000 $. Toutefois, chez Hiscox, Nicolas Kaddeche estime que l’inflation va jouer en faveur du marché de l’art, au même titre que pour la haute horlogerie, la joaillerie, les yachts et les voitures de luxe ; celui-ci est plus sécurisant que les marchés financiers, secoués par la guerre en Ukraine et l’ajustement des taux directeurs par les banques centrales. Même constat pour Hans Laenen d’Axa XL qui estime que l’art continuera, sauf bouleversement majeur, à s’imposer comme une valeur stable face à des domaines soumis à une extrême volatilité.

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