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Fontainebleau : l’art de la fête à la cour des Valois

Publié le , par Sophie Humann

« Le soir on danse à la gaillarde et il ne saurait leur plaire de danser autrement. Ces gentilshommes français dansent comme des diables et ne veulent jamais faire autre chose. » Ainsi s’exprime l’ambassadeur Alfonso Calcagnini dans une lettre envoyée de Fontainebleau au duc de Ferrare le 4 février 1545. Cette citation...

Tenture des Valois, Le Carnaval de 1564 à Fontainebleau. © Gallerie degli Uffizi Fontainebleau : l’art de la fête à la cour des Valois
Tenture des Valois, Le Carnaval de 1564 à Fontainebleau.
© Gallerie degli Uffizi

« Le soir on danse à la gaillarde et il ne saurait leur plaire de danser autrement. Ces gentilshommes français dansent comme des diables et ne veulent jamais faire autre chose. » Ainsi s’exprime l’ambassadeur Alfonso Calcagnini dans une lettre envoyée de Fontainebleau au duc de Ferrare le 4 février 1545. Cette citation est inscrite, comme d’autres, en élégantes lettres d’or ou bleu marine sur les murs de l’exposition, présentée dans la salle de la Grande Cheminée. Oriane Beaufils, chargée des collections de peintures et d’arts graphiques au château, en est la commissaire, et elle tenait « à laisser la place aux mots, car ces correspondances, ces descriptions sont presque tout ce qui nous reste de ces fêtes par définition éphémères ». Ces lectures complètent fort bien l’exceptionnel rassemblement de costumes de mascarade dessinés par le Primatice (1503-1570), dont certains sont venus de Florence et de Stockholm, et qui entourent le clou de l’exposition : la présentation, pour la première fois, de trois pièces de la « Tenture des fêtes de Valois », prêtées par la galerie des Offices. Sans doute commandées par Catherine de Médicis et offertes à sa petite-fille Christine de Lorraine à l’occasion de son mariage avec Ferdinand Ier de Médicis, et conservées depuis à Florence, ces tapisseries, chefs-d’œuvre de l’école de Bruxelles, ont été restaurées entre 2015 et 2021 mais, peu souvent montrées, elles étaient déjà dans un état de conservation impressionnant. Signalons, entre autres plaisirs de cette exposition variée, la présence d’un des deux seuls orpharions du XVIe siècle conservés, en érable sculpté, de la demi-armure de tournoi de Charles IX, et d’un livre qu’on ne reverra pas souvent, un exemplaire d’Élégies, mascarades et bergerie de Pierre de Ronsard, avec un envoi de la main de l’auteur.

Château de Fontainebleau (77), tél. : 01 60 71 50 70,
Jusqu’au 4 juillet 2022.
www.chateaudefontainebleau.fr 
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