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L’art d’avoir du style

Publié le , par Sophie Reyssat
Vente le 20 décembre 2020 - 10:00 (CET) - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000 Versailles

Les objets de charme partagent l’affiche avec une collection de dessins de Boutet de Monvel.

Bernard Boutet de Monvel (1881-1949), Étude de trois réservoirs du 55 West 39th Street... L’art d’avoir du style
Bernard Boutet de Monvel (1881-1949), Étude de trois réservoirs du 55 West 39th Street depuis le Radiator Building à New York, 1932, aquarelle et crayon noir sur papier fort, monogrammée «BMB», 35,7 24,3 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Dès 10 h, cette dispersion sur le thème des collections aligne une centaine d’œuvres, principalement des XVIIIe et XIXe siècles, séduisant par leur charme ou leur originalité. Dans une fourchette allant d’une centaine d’euros à quelque 8 000 €, vous aurez par exemple le choix entre un bel ensemble de vues d’optique sur Paris, une collection de boîtes en marqueterie de paille, un moutardier londonien dont le pittoresque paysage en argent ajouré se découpe sur un intérieur en cristal bleu, un compigné montrant une Vue de Twickenham, ou encore une fontaine en marbre sarrancolin. Cette belle diversité se poursuit à 14 h avec le double de lots. Une touche d’exotisme s’invite au programme, notamment grâce à Carlo Bugatti et sa paire d’appliques créées vers 1890, montées sur disque de laiton, et retenant une console en cèdre à laquelle est suspendue une coupelle de cuivre (7 000/10 000 €). Les tableaux, mais surtout les dessins, ne sont pas en reste, grâce à une collection de 53 feuilles de Bernard Boutet de Monvel, clôturant l’après-midi en beauté. La plupart, acquise par un passionné auprès de la fille du peintre, dans les années 1980-1990, sont inédites sur le marché. C’est le cas de l’aquarelle reproduite. Seules quatre autres ont été réalisées depuis le même point de vue, le clocheton du Radiator Building de New York, permettant d’observer à la fois la 5e Avenue, et les 39e et 40e rues. Ce rare paysage urbain de 1932, d’un réalisme photographique, baigne le cubisme des architectures d’une lumière froide, selon une esthétique tout en sobriété s’inscrivant dans le précisionnisme américain, annonciateur du modernisme. De son projet de décor réalisé en 1929 pour Oak Point, la villa d’Harrison et Mona Williams (10 000/12 000 €), à ses autres dessins évoquant sa collaboration avec La Gazette du bon ton, Vogue et Harper’s Bazar, l’artiste fera la démonstration de sa maîtrise de la ligne pure.
 

Spécialiste des petits meubles et des objets décoratifs, l’ébéniste Charles-Guillaume Diehl (1811-1885) s’est associé au sculpteur Emmanue
Spécialiste des petits meubles et des objets décoratifs, l’ébéniste Charles-Guillaume Diehl (1811-1885) s’est associé au sculpteur Emmanuel Frémiet (1824-1910) pour réaliser ce coffret, initialement destiné à conserver des cigares (24 42 29 cm, 8 000/12 000 €, M. Rémy, expert). Simulant une architecture avec sa forme tronconique et ses parois à l’imitation d’une maçonnerie de pierre de taille, il s’orne de bas-reliefs en bronze argenté figurant des salamandres couronnées et des serpents entrelacés, mis en valeur par leur contraste avec l’ébène et le bois noirci. Cet objet est à rapprocher d’un coffre à cigares conservé au Rijksmuseum d’Amsterdam.
L’après-midi débute avec un bel ensemble de miniatures, dispersées en 23 lots proposés entre 100 et quelque 2 500 €. Cette dernière estima
L’après-midi débute avec un bel ensemble de miniatures, dispersées en 23 lots proposés entre 100 et quelque 2 500 €. Cette dernière estimation concerne cette délicate boîte ronde, illustrant la vogue des objets sentimentaux (diam. 60 m, poids brut 100 g). Elle présente en effet une monture à cage en or jaune, laissant apparaître sur toutes ses faces un fond de cheveux protégés sous verre. On se plaît à imaginer qu’ils aient appartenu au jeune homme en redingote noire, représenté en buste sur la miniature (h. 32 mm) ornant son couvercle. Cet objet de charme a été réalisé par en 1776 (lettre «N») à Paris, par Jean Baptiste Godart, reçu maître orfèvre en 1769, et cautionné par Charles Barnabé Sageret.
 
Ces masques éléphants, appartenant à la collection d’une princesse éthiopienne, seront dispersés en deux lots de sept œuvres (h. entre 95
Ces masques éléphants, appartenant à la collection d’une princesse éthiopienne, seront dispersés en deux lots de sept œuvres (h. entre 95 et 150 cm), chacun proposé entre 14 000 et 18 000 €. Ils ont été façonnés dans des toiles de fibres de raphia, entièrement cousues de perles de verre coloré par des artisans bamiléké du Cameroun. Les masques se prolongent, à l’avant et à l’arrière, par de longs rabats perlés à motifs géométriques. Leurs yeux, leurs nez et leurs bouches sont soulignés par une bordure de tissu, qui cerne également les larges oreilles plates évoquant l’animal, symbole de prestige, de puissance et de haut rang social. L’éléphant est ainsi le roi des masques de danse.
Alors qu’un coffret fabriqué dans les ateliers de Canton dans la seconde moitié du XIXe siècle s’ouvrira sur un nécessaire à couture (1 30
Alors qu’un coffret fabriqué dans les ateliers de Canton dans la seconde moitié du XIXe siècle s’ouvrira sur un nécessaire à couture (1 300/1 500 €, M. L’Herrou expert), cette écritoire japonaise dévoile ses accessoires intégralement conservés : une pierre à encre, un compte-goutte, deux pinceaux, un couteau et une pointe. De type inrô-buta zukuri, elle est en laque d’or à décor de plantes et de fleurs des quatre saisons. Ses calligraphies indiquent qu’elle a été réalisée par Heian Zôhiko. L’arrière-grand-père de sa propriétaire a acquis ce suzuribako auprès de l’artisan au début du XXe siècle. Parfaitement conservé, il est attendu entre 18 000 et 22 000 € (23,5 20,5 4,4 cm, Mme Papillon d’Alton expert).
dimanche 20 décembre 2020 - 10:00 (CET) - Live
Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000 Versailles
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