L’art animalier au Sab, une niche avec des artistes à part

Le 16 septembre 2021, par Stéphanie Pioda

Le SAB maintient le cap malgré le contexte de la pandémie, l’art animalier ayant ses collectionneurs fidèles, passionnés et très actifs, surtout en Belgique. Petit aperçu des nouveaux participants.

Griet van Malderen, Next generation, Tsavo Kenya, 2021, Impression numérique sur Papier Canson Platine Fiber Rag 310 grammes, 90 x 135 cm.

Beaucoup d’invitations ont été lancées ! Philippe Heim, le fondateur du SAB (Septembre Animalier Bruxelles), a privilégié les collectionneurs luxembourgeois, hollandais et belges – dont les Flamands plus particulièrement. Il sait d’emblée que certains Français ne viendront pas, à la fois inquiets du contexte sanitaire et des contraintes déclaratives s’ils restent plus de quarante-huit heures. Ces contrôles peuvent altérer la part de plaisir attachée à la découverte du cru 2021 et à l’acquisition éventuelle. Ils resteront à n’en point douter actifs, comme cela fut le cas l’année dernière : «Après le salon, j’ai envoyé le catalogue à des amateurs qui n’avaient pas pu se déplacer. Certains ont manifesté leur intérêt, puis ont acquis une œuvre quelques mois plus tard», précise l’organisateur. Si l’art animalier est une niche, certains s’y sont engouffrés de façon passionnée, et monothématique parfois, comme ce collectionneur qui possède une centaine d’éléphants, dont les auteurs vont de Rembrandt Bugatti aux artistes les plus contemporains. La fidélité est donc une des clés du succès du SAB, tant du côté des acheteurs que des artistes – certains de ces derniers reviennent d’année en année : Hélène Arfi, Bertrand Fauconnet, Jean-François Gambino, Charlotte Champion, etc. Parmi la trentaine de noms retenus pour cette 7e édition, on note quelques nouveaux venus et l’introduction du street art avec Niki, qui concourt à renouveler l’image de la discipline. Pour sa première participation à un salon animalier, elle présente cinq œuvres (ours, singe, panda, lynx, koala) peintes sur des planches de bois recyclé. Sensible à l’utilisation de matériaux de récupération, elle s’est aussi engagée pour la protection des chimpanzés auprès de l’institut Jane Goodall France, en reversant 15 % des ventes de sa série «Monkeys». Même implication chez Sophie Bonnecaze-Laborde, membre du mouvement Aranima, «qui fédère des artistes du monde entier autour de ses valeurs en organisant des expositions en faveur de la biodiversité et de la protection de la vie animale», selon elle. Cette sensibilité contribue à un désir de transcrire dans ses bronzes les attitudes surprenantes et la morphologie réaliste des animaux en danger : coraux, manchots, serpent d’Amazonie, ours Kermode... Griet Van Malderen, quant à elle, sillonne l’Afrique depuis plus de dix ans. Du Kenya – dans les réserves d’Amboseli ou de Masai Mara –, d’Afrique du Sud, de Tanzanie ou d’Ouganda, elle rapporte de magnifiques photographies au collodion ou ces grands tirages en noir et blanc qui seront mis en valeur dans les salons de la galerie Costermans. Pour Tatiana Potapova, «chaque animal est une histoire». Ainsi, se souvient-elle, «l’œuvre intitulée Où est Daisy ? représente un canard qui cherchait sa cane à chaque fois que je le sculptais». Le chien également présenté au SAB est un galgo, «un lévrier qu’on tue en Espagne une fois qu’il a terminé sa carrière aux courses», s’émeut-elle. «Il est touchant et se perd un peu dans ses grandes pattes, un animal à la fois magnifique et tragique.» Autant d’émotions qui traverseront cette
édition un peu spéciale…

à voir
SAB Expo (Septembre Animalier Bruxelles),
du 24 au 28 septembre 2021,
galerie Costermans,
5, place du Grand-Sablon, Bruxelles,
www.sabexpo.be
www.costermans-antiques.com
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