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L’acte d’abdication de Louis-Philippe revendiqué par l’État

Le 21 octobre 2021, par Vincent Noce

Les Archives ont demandé la restitution de l’acte d’abdication de Louis-Philippe seulement quelques semaines avant sa vente aux enchères à Vannes, par l’intermédiaire d’une « mise en demeure ». Une méthode contestée par le commissaire-priseur Jack-Philippe Ruellan.

L’acte d’abdication de Louis-Philippe revendiqué par l’État
 

«Je vous informe que les Archives nationales ne revendiquent pas ce document.» Ce message a été envoyé le 22 avril dernier au commissaire-priseur Jack-Philippe Ruellan. Ayant pris la précaution de sonder l’administration, il annonçait donc la mise aux enchères à Vannes, le 16 octobre, de l’acte d’abdication de Louis-Philippe (voir l'article L’acte d’abdication de Louis-Philippe : la fin de la royauté en France de la Gazette n° 35, page 24). Pourtant, le 22 septembre, les Archives lui ont demandé de retirer le lot de la vente pour examen et, trois jours avant celle-ci, il a reçu une «mise en demeure de restituer le document», qui constitue une archive publique inaliénable. «Légaliste», le commissaire-priseur ne conteste pas la revendication, mais la méthode consistant à l’autoriser à procéder à la vente, réaliser le catalogue et lancer une campagne de presse, avant ce retournement. «Dès le départ, assure-t-il, avec l’expert, Emmanuel Lorient, nous avions pourtant bien prévenu que nous pensions être en possession du premier original rédigé par le souverain» alors même que la foule se pressait devant les Tuileries en ce jour du 24 février 1848. Les Archives détiennent déjà une autre version de la main du roi et une troisième fut adjugée dans une vente de souvenirs historiques en 2015 à Drouot. Les Archives nationales reconnaissent avoir changé de position au vu des nouvelles informations parues en septembre dans le catalogue, démontrant qu’il s’agissait non d’une copie mais d’un acte authentique. Comme le relatent des témoignages joints à la vente, la feuille aurait été arrachée par un républicain au général de Lamoricière alors qu’il le portait à cheval à l’hôtel de ville et s’efforçait de calmer les manifestants. Le commissaire-priseur avoue son incompréhension : «Les Archives avaient eu plusieurs mois pour prendre attache avec nous et nous demander des informations complémentaires.»

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