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L’œuvre graphique de Dora Maar à Marseille

Publié le , par Christophe Dorny

Si Le Mystère Picasso a été filmé en 1955 en mode documentaire par Henri-Georges Clouzot, un autre mystère, bien réel, entoure la vie et l’œuvre de Dora Maar (1907-1997), la compagne du maître pendant huit ans : cette Femme qui pleure (1937), peinte par son illustre amant. Le tropisme perdure. Artiste, Dora Maar (voir Gazette...

Dora Maar (1907-1997), Sans titre, technique mixte (dont huile) sur papier, portant... L’œuvre graphique de Dora Maar à Marseille
Dora Maar (1907-1997), Sans titre, technique mixte (dont huile) sur papier, portant le cachet de la vente de la succession de l’artiste en bas à droite, 21 27 cm.

Si Le Mystère Picasso a été filmé en 1955 en mode documentaire par Henri-Georges Clouzot, un autre mystère, bien réel, entoure la vie et l’œuvre de Dora Maar (1907-1997), la compagne du maître pendant huit ans : cette Femme qui pleure (1937), peinte par son illustre amant. Le tropisme perdure. Artiste, Dora Maar (voir Gazette du 4 juin 2019) l’a été dès les années 1920 et jusqu’à sa mort. La galerie Alexis Pentcheff a eu la bonne idée de présenter, non pas l’œuvre photographique à tendance surréaliste, déjà célébrée par les institutions, ni ses premières peintures sous influence picassienne, mais son travail graphique réalisé dans une quasi-réclusion, largement méconnu et encore incompris. Créées de la fin des années 1950 à son décès, les 160 œuvres exposées proviennent de quelques cartons achetés à l’aveugle, lors d’une des ventes de sa succession, par la collectionneuse et créatrice de bijoux Dominique de Roquemaurel-Galitzine. Bon flair, car une vingtaine d’années après, ces acquisitions, enfin mises en lumière, révèlent un ensemble étonnant. Giulia et Alexis Pentcheff, sans avoir la moindre trace d’archives ou d’écrits de l’artiste autres que le tampon officiel de la « succession Dora Maar », ont passé de longues heures à prendre la mesure du travail de cette femme, qui s’est partagée entre ses ateliers de Paris et de Ménerbes, dans le Vaucluse. Ils ont classé ces œuvres de petite dimension (21 27 cm ou moins) en six chapitres ou séries imaginaires : « Ocres telluriques », « Fil d’Arianne », « Absence », etc., souhaitant en montrer la diversité et la continuité. Des encres, parfois rehaussées de peinture, ou peut-être l’inverse, donnent la part belle au geste transformé en signes abstraits, brossant des traits parfois sur des fonds ocre-brun agités de matière. Ailleurs, plus classiques de facture, des lavis d’encre dessinent des paysages dépouillés en strates. Forçant le regard au plus près, d’autres séries dévoilent des formes et des motifs obtenus au hasard d’empreintes, éponges, tissus et fils peints, telle une minutieuse cartomancie du tréfonds.

Galerie Alexis Pentcheff,
131, rue Paradis, Marseille 
VIe, tél. : 04 91 42 81 33,
Jusqu’au 15 avril 2022.
www.galeriepentcheff.fr
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