Kehinde Wiley, peintre de l’épopée

Le 15 septembre 2020, par Harry Kampianne
Kehinde Wiley (né en 1977), Monsieur Seriziat, 1910-1960 (the World Stage: France), 2012.
Photo : Bertrand Huet © Courtesy Templon, Paris-Brussels

Plongés dans la pénombre intimiste du Centre d’art de La Malmaison, la trentaine de portraits – tableaux et vitraux – de Kehinde Wiley se métamorphosent en une fresque d’anonymes magnifiés dans une suite de postures issues des grands maîtres de la peinture occidentale. Telle est, en effet, la principale source d’inspiration de ce peintre afro-américain, pour qui revisiter l’histoire de l’art et dialoguer avec le présent permet de se plonger dans une réflexion sur l’identité raciale et la culture noire dans son pays. Numa Hambursin, directeur de La Malmaison et commissaire de l’exposition, a opté pour un choix drastique d’œuvres, essentiellement des prêts de la galerie Templon. «Au-delà de l’engagement politique de l’artiste, j’ai souhaité axer son travail sur ce lien fort entre la longue lignée de portraitistes de la peinture classique et sa transposition sur de jeunes noirs et métis issus de la rue, des faubourgs ou des favelas.» L’exception confirmant la règle, il sera tout de même le premier afro-descendant à signer le portrait officiel du président des États-Unis – Barak Obama – pour la National Gallery de Washington. On peut voir également ce choix sous un autre angle. Riche et colorée, la palette de Kehinde Wiley offre une série virtuose de compositions baroques et saturées, où le moindre détail a son importance et dont la pleine appréhension nécessite souvent de prendre son temps. Surcharger à satiété les cimaises de La Malmaison nous aurait privés d’une réelle dégustation. Mieux vaut dans ce cas un plaisir de fin gourmet.

Centre d’art La Malmaison,
47, boulevard de la Croisette, Cannes (06), tél. 04 
97 06 45 21.
Jusqu’au 1er novembre 2020.
www.cannes.com
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne