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Julie Manet au musée Marmottan Monet

Le 24 novembre 2021, par Carole Blumenfeld

Julie Manet au musée Marmottan Monet
Berthe Morisot (1841-1895), Julie rêveuse, 1894, huile sur toile, 65 54 cm, collection particulière.
© Christian Baraja SLB

Julie Manet méritait-elle une exposition en 2021 ? Son journal ou le catalogue prouvent que le sujet est passionnant, le résultat beaucoup moins. Deux ans après la rétrospective consacrée par le musée d’Orsay à sa mère, Berthe Morisot, qui est au cœur de l’exposition, et surtout après toutes celles dédiées ces dernières années aux collections Rouart –Julie Manet avait épousé Ernest-Henri Rouart –, le visiteur n’est pas tout à fait en terrain inconnu. Il a même une impression de déjà-vu. Certes, on découvre aussi beaucoup d’œuvres de Julie Manet elle-même, mais aucune n’aurait mérité d’être exposée si leur auteur n’avait pas porté un tel patronyme, et surtout pas son catéchisme illustré pour ses enfants. Certaines œuvres des collections Rouart, prêtées pour l’occasion et généreusement attribuées – le dessin donné à Alexandre-Évariste Fragonard par exemple –, non plus. Le fil conducteur, chronologique, et les grands thèmes mis en exergue (l’enfance choyée dans un milieu artistique et littéraire exceptionnel, l’indépendance acquise après la disparition de sa mère alors qu’elle n’a que 17 ans, son union avec Rouart qui collectionne, son action pour promouvoir l’œuvre de sa mère) s’imposent d’eux-mêmes. Mais l’appareil critique et la sélection des œuvres auraient sans doute pu être différents. Ainsi le Magnificat Anima Mea Diminum de Maurice Denis, « une œuvre bien connue de Julie » mais qui ne lui appartenait pas, est-elle présentée car « on peut y voir des sens multiples » : « la promesse de la maternité de Julie qui d’orpheline devient mère de famille », ou le fait que Julie soit, contrairement à sa mère, une fervente croyante, et dont l’une des premières décisions, une fois indépendante, fut de se mettre en règle avec l’Église. Somme toute, il est difficile de saisir la personnalité de Julie Manet, qui n’est ni muse, ni prescriptrice. L’exposition permet de revoir des œuvres d’exception, mais avoir Degas, Mallarmé ou Renoir comme amis de la famille ne fait pas de vous une héroïne pour autant. La première section seule, « L’enfant modèle », aurait peut-être suffi.

Musée Marmottan Monet,
2, rue Louis-Boilly, Paris XVI
e, tél. : 01 44 96 50 33.
Jusqu’au 20 mars 2022.
www.marmottan.fr

 

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