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Jean Bardin redécouvert à Orléans

Publié le , par Harry Kampianne

Tombé dans les oubliettes de l’histoire de l’art, Jean Bardin (1732-1809) sort aujourd’hui de l’ombre grâce aux efforts d’Olivia Voisin, la directrice du musée, et de Frédéric Jimeno, qui décrypte l’œuvre de ce célèbre inconnu depuis plus de vingt ans. « Cette exposition est le résultat d’une première étape sur nos recherches...

Jean Bardin, Le Martyre de saint Barthélemy, 1765, huile sur toile, 280 x 200 cm.... Jean Bardin redécouvert à Orléans
Jean Bardin, Le Martyre de saint Barthélemy, 1765, huile sur toile, 280 200 cm.
© Mesnil-le-Roi, église paroissiale Saint-Vincent Conseil départemental des Yvelines, J.L. Josse

Tombé dans les oubliettes de l’histoire de l’art, Jean Bardin (1732-1809) sort aujourd’hui de l’ombre grâce aux efforts d’Olivia Voisin, la directrice du musée, et de Frédéric Jimeno, qui décrypte l’œuvre de ce célèbre inconnu depuis plus de vingt ans. « Cette exposition est le résultat d’une première étape sur nos recherches concernant sa production, explique ce dernier. Il y a encore beaucoup de zones d’ombres sur certaines pièces qui lui sont attribuées ou qui peuvent se dissimuler sous un faux nom. » Olivia Voisin reconnaît que « le musée cherche à rattraper son retard après avoir raté la vague de renouveau des musées en 1984. Nos recherches sur Jean Bardin nous permettent de mettre à l’honneur ceux qui ont écrit l’histoire artistique de la ville et de la région. Il faut rappeler qu’il fut en 1786 le premier directeur-professeur de l’école de dessin gratuite d’Orléans, aujourd’hui encore en activité ». Sept dessins et trois peintures de la collection du musée sont pour la première fois montrés au public. Bien que chronologique et didactique, le parcours se concentre en grande partie sur l’ambition de l’artiste à renouveler la peinture d’histoire, aidé en cela par le comte d’Artois qui le sollicite en 1765 pour un Martyre de saint Barthélemy, récemment découvert à l’église Saint-Vincent du Mesnil-le-Roi. Jean Bardin innove, selon Frédéric Jimeno, « en utilisant le vide et l’invisible, il gomme toute exagération lyrique ». Et des trois versions de Tullie faisant passer son char sur le corps de son père, celle de Jean Bardin est nettement plus attractive et convaincante que celles de François-Guillaume Ménageot (1744-1816) et de Jean-Simon Berthélemy (1743-1811). Véritable exploit, la réunion des sept Sacrements (La Pénitence, L’Eucharistie, L’Extrême-Onction, L’Ordination, La Confirmation, Le Baptême et Le Mariage), commandés en 1780 par la chartreuse de Valbonne (Gard), constitue le clou de l’exposition. Sept toiles sublimes de cinq mètres de large, réalisées sur une dizaine d’années, œuvre ultime et testament de l’artiste.

« Le feu sacré, Jean Bardin », musée des beaux-arts d’Orléans,
place Sainte-Croix, Orléans (45), tél. 
: 02 38 79 21 86,
Jusqu’au 30 avril 2023.
www.orléans-metropole.fr
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