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Jarnac, écrin pour collectionneurs

Publié le , par Christophe Provot

De la Flandre d’Hendrick Van Streeck à la Chine de Yongle, en passant par la France de Félix Lecomte, cette vacation offrait un tour du monde de l’art.

Jarnac, écrin pour collectionneurs
Attribué à Félix Lecomte (1737-1817). Cortège bachique et Scène de sacrifice, paire de vases couverts en terre cuite, monture en bronze doré et marbre blanc, h. 37,5 cm.
Adjugé : 166 152 

Objet du Focus de la Gazette n° 17 (voir l'article L’hôtel de Jarnac, un écrin parisien néoclassique de la Gazette n° 17, page 43), la mise à l’encan du contenu de l’hôtel particulier de Jarnac, sis au 8, rue Monsieur à Paris (7e arrondissement), tenait toutes ses promesses. En plus de la découverte de 200 numéros, c’est dans l’intimité des derniers propriétaires de cette demeure néoclassique, des collectionneurs cultivant le goût du XVIIIe siècle, qu’étaient conviés les acheteurs. Remarquable par la finesse de ses bas-reliefs figurant un Cortège bachique et une Scène de sacrifice, une paire de vases en terre cuite à montures en bronze doré et marbre blanc (reproduite page de droite), attribuée à Félix Lecomte (1737-1817), pulvérisait à 166 152 € son estimation. S’inspirant des reliefs ornant les sarcophages antiques, ces pièces se rapprochent en effet du travail du sculpteur, prix de Rome en 1758 et dont on retrouve le procédé, consistant à inciser profondément le terre pour faire ressortir les personnages en légère saillie, sur le modèle en terre cuite du Triomphe de Terpsichore (villa Ephrussi de Rothschild). Élève d’Étienne-Maurice Falconet puis de Louis-Claude Vassé, Félix Lecomte a travaillé en étroite collaboration avec l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, qui l’associa à plusieurs de ses chantiers, tels l’hôtel d’Uzès à Paris ou le pavillon de musique de Madame du Barry à Louveciennes. Provenant tout droit de la Chine d’époque Yongle (1403-1424), la boîte en laque rouge cinabre à décor sculpté en relief de fleurs d’hibiscus était disputée jusqu’à 61 824 €. Bien que court, le règne de Yongle, troisième empereur de la dynastie Ming, est marqué par une excellence de la production artistique, que les souverains suivants chercheront à s’approprier. Connu pour ces intérieurs d’église, le Flamand Hendrick Van Streeck (1659-1719) offrait ici une autre facette de son art avec son huile sur toile, Nature morte aux fruits, aux huîtres et au nautile monté (90 71 cm), emportée à 38 640 €. Les amoureux de veduti trouvaient quant à eux leur bonheur dans une paire de toiles (41,5 65 cm chacune) figurant des Vues de Venise dans le goût de Canaletto, moyennant 34 776 €. Le Franco-Flamand Jean-Michel Picart (1600-1682), qui avait fait des compositions florales son sujet de prédilection, s’illustrait avec une toile dépeignant des Fleurs coupées dans un vase de terre cuite et citrons sur un entablement drapé (108 90 cm), acquise pour 21 896 €. Pour clore ce tour du propriétaire, mentionnons la toile de Félix Ziem (1821-1911) située Au large de Venise (36 66,5 cm), partie à 16 744 €. L’œuvre sera reproduite dans le catalogue raisonné de l’artiste, actuellement en préparation.
 

Chine, époque Yongle (1403-1424). Boîte ronde en laque rouge cinabre à décor sculpté en relief de fleurs épanouies d’hibiscus dans leurs r
Chine, époque Yongle (1403-1424). Boîte ronde en laque rouge cinabre à décor sculpté en relief de fleurs épanouies d’hibiscus dans leurs rinceaux feuillagés sur fond jaune, au revers, marque incisée de Yongle modifiée par celle de Xuande, diam. 11,5 cm.
Adjugé : 61 824 
vendredi 06 mai 2022 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009
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