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Jacques Zwobada. Résonances

Le 01 décembre 2021, par Valentin Grivet

Les anciennes écuries du domaine de Sceaux comptent parmi ces lieux injustement méconnus de la région parisienne, où les expositions sont pourtant de grande qualité. Celle-ci en apporte une nouvelle preuve. Le nom de Jacques Zwobada (1900-1967) n’est pas célèbre, mais son œuvre, sensuelle et habitée, mérite d’être découverte.…

Jacques Zwobada. Résonances
Jacques Zwobada, Orogénie, 1954, plâtre patiné, 28 57 26 cm.
DR

Les anciennes écuries du domaine de Sceaux comptent parmi ces lieux injustement méconnus de la région parisienne, où les expositions sont pourtant de grande qualité. Celle-ci en apporte une nouvelle preuve. Le nom de Jacques Zwobada (1900-1967) n’est pas célèbre, mais son œuvre, sensuelle et habitée, mérite d’être découverte. Les débuts du sculpteur – qui a étudié aux Beaux-Arts de Paris et reçu une médaille d’or à l’Exposition des Arts décoratifs et industriels de 1925 – témoignent d’un savoir-faire académique plutôt froid. Mais très vite, l’événement met en lumière sa progression vers une abstraction puissante et expressive, inspirée par l’amour fou que l’artiste voue à son épouse Antonia Fiermonte. La mort précoce de cette dernière, en 1956, le plongera dans une inconsolable douleur. Riche d’une centaine d’œuvres, le parcours instaure un dialogue intense entre dessins et sculptures, fusains ténébreux et figures en plâtre, en pierre ou en bronze. Jacques Zwobada se réapproprie des thèmes mythologiques – sublime Naïade en pierre calcaire réalisée vers 1950, Orphée et Eurydice, en 1956 –, et s’imprègne de symbolisme – témoins les «Verticales» dressées vers le ciel, métaphores de l’élan de la pensée. Mais son grand sujet est le corps féminin, et ses œuvres les plus réussies sont ses nus aux formes suaves et aux lignes ondoyantes, qui ne sont pas sans rappeler l’univers d’Henry Moore. En complément de cette visite, rendez-vous à Paris, sur la terrasse sud du Centre Pompidou, où est installée depuis l’été dernier une Chevauchée nocturne (1959), pièce monumentale en bronze offerte à l’institution par la fille de l’artiste.

Musée du domaine départemental,
écuries du château, Sceaux (92), tél. 
: 01 41 87 29 71.
Jusqu’au 20 mars 2022.
domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.fr

 

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