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Jacques-Laurent Agasse et les soucis du jeune âge

Le 25 novembre 2021, par Philippe Dufour

Peintre animalier virtuose, né à Genève mais à la carrière anglaise, Jacques-Laurent Agasse dévoile dans cette scène intimiste un autre pan de son immense talent.

Jacques-Laurent Agasse et les soucis du jeune âge
Jacques-Laurent Agasse (1767-1849), Le Mot difficile, vers 1820, huile sur toile monogrammée en haut à gauche «JLA», 61 51 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Apprendre à lire n’est pas toujours aisé quand on est tout petit, et cela ne date pas d’hier, comme le prouve cette scène si expressive saisie vers 1820… Assis au coin d’une cheminée, un blondinet en plein déchiffrage semble buter sur un mot, délaissant son bol de lait posé au sol. À ses côtés, le chat de la maison ne connaît pas ces problèmes et se laisse engourdir par la chaleur du foyer. L’auteur de cette toile, intitulée Le Mot difficile, s’appelle Jacques-Laurent Agasse, un peintre de l’École suisse fort recherché et plus connu pour des œuvres animalières particulièrement virtuoses. Sa vie, un peu aventureuse, commence sous les meilleurs auspices : né à Genève d’un père huguenot aux origines écossaises, l’artiste fait ses premières armes dans l’atelier de David, à Paris, juste avant la Révolution. Cependant, c’est à Londres que son talent devait s’épanouir grâce à la rencontre en Suisse de George Pitt, futur lord Rivers (1751-1828), qui l’incite à s’y installer en 1800. Il devient rapidement célèbre, grâce à une série de portraits de chevaux d’exception appartenant à la gentry, œuvres éblouissantes par leur précision, dont le fameux Cheval arabe gris Wellesley avec son propriétaire et un groom dans une écurie (collection privée), peint en août 1809. L’immersion dans ce milieu aristocratique comme la fréquentation des membres de la British Sporting and Animal Painters Society ont alors beaucoup marqué Agasse. Au-delà des étalons, lévriers et autres renards très anglais, il met également son sens de la psychologie animale au service de bêtes plus exotiques – girafes ou zèbres – étudiées dans les zoos londoniens. Mais à partir de 1820, inspiré par la quiétude de son environnement familial, il se spécialise dans des scènes de genre, véritables instantanés de la vie contemporaine. Le Mot difficile n’est pas la moins connue, comme en témoigne son impeccable pedigree… Provenant à l’origine d’une collection privée britannique, elle passe en 1921 par la galerie Bollag à Zurich, avant d’être acquise par un connaisseur français. Parallèlement, elle fera plusieurs apparitions publiques, surtout en Suisse, telle celle organisée en 1936 par le Kunsthaus de Zurich ou, juste hommage de son pays natal, pour l’exposition monographique du musée d’Art et d’Histoire de Genève, tenue en 1988 (sous le n° 46). L’année suivante, dans sa ville d’adoption, cette même sélection aura les honneurs de la Tate Gallery. Côté ouvrages de référence, on retrouve la scène enfantine dès 1905, dans la somme de C.F. Hardy : J.L. Agasse, His Life, His Work (pp. 126-127).

vendredi 10 décembre 2021 - 13:30 - Live
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