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Italie éternelle

Le 29 mars 2018, par Anne Doridou-Heim

L’ascendance de Nicolas Poussin et Claude Lorrain sur Jean-Victor Bertin (1767-1842) est prégnante dans son œuvre en général, et dans cette toile montrant un Paysage d’Italie en particulier. L’artiste est bien l’héritier d’une école du paysage française remontant au XVIIe siècle dont les ramifications se poursuivront jusqu’au…

Italie éternelle
Jean Victor Bertin (1767-1842), Paysage d’Italie, huile sur toile, 62 x 97 cm.
Adjugé : 100 800 €

L’ascendance de Nicolas Poussin et Claude Lorrain sur Jean-Victor Bertin (1767-1842) est prégnante dans son œuvre en général, et dans cette toile montrant un Paysage d’Italie en particulier. L’artiste est bien l’héritier d’une école du paysage française remontant au XVIIe siècle dont les ramifications se poursuivront jusqu’au milieu du XIXe avec Jean-Baptiste Camille Corot, Jules Coignet, François Antoine Léon Fleury, Jean-Charles-Joseph Rémond ou encore Achille Etna Michallon , et l’intermédiaire entre le paysage historique et le romantisme. En 1806, il effectue le traditionnel voyage en Italie. Douze ans plus tard, à destination de ses élèves, il publiera un Recueil d’études de paysages. Entre-temps, il est devenu maître, à la tête d’un atelier florissant fréquenté par deux générations d’artistes, et le chef de file du paysage recomposé, à partir d’études réalisées en plein air. Rien de moins… Devant le succès de ses compositions, il aimait à en donner d’autres versions. Cette toile est ainsi la réplique d’une œuvre peinte antérieurement, vers 1808-1810, et conservée à la Bibliothèque Marmottan (Boulogne-Billancourt). Elle présente un paysage élégiaque : un groupe de trois femmes s’y promène, un cavalier le traverse, un berger et une lavandière y travaillent sans effort. La scène est dominée par un village, baigné de lumière sous un ciel bleu. Le regarder procure un véritable sentiment d’apaisement. Autant de qualités qui l’ont amené à recevoir 100 800 €, soit un record français (source : Artnet) et le troisième plus haut résultat mondial du peintre. Il a donc supplanté Pêcheurs près du rivage, dit la Source abondante, cette toile, pourtant des mieux composées par Claude-Joseph Vernet (voir Gazette no 11, page 67), ne trouvant pas preneur. Une petite déception vite oubliée grâce aux autres bons résultats de cette partie dévolue aux tableaux anciens. Le Portrait présumé de Stanislas Lubomirski (1722-1782) (65 x 49,5 cm), grand maréchal de la couronne polonaise et mari de la célèbre princesse Izabela Czartoryska, par Marcello Bacciarelli, se taillait 50 400 €, une Vue de La Cava (42,5 x 59,5 cm) de 1829 de Louise-Joséphine Sarazin de Belmont (1790-1871), 25 200 €, et la paire de toiles (55 x 91 cm) de François Eisen, présentant des comédiens et bateleurs sur une place de village, 49 140 €.

tableaux anciens, mobilier et objets d'art provenant notamment d'un château du Maine, archéologie, dessins, argenterie, céramiques, tapis, tapisseries
mardi 20 mars 2018 - 13:30 (CET) - Live
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