Gazette Drouot logo print

Independent Brussels, l’autre foire bruxelloise

Publié le , par Harry Kampianne

Plus confidentielle, plus alternative que sa sœur aînée Art Brussels, elle n’en porte pas moins sa marque et son identité. Bilan d’une troisième édition placée sous le signe omnipotent du dessin, de la peinture et de la performance.

Eva Nielsen (née en 1983), Polhodie I, 2018, acrylique, encre et sérigraphie sur... Independent Brussels, l’autre foire bruxelloise
Eva Nielsen (née en 1983), Polhodie I, 2018, acrylique, encre et sérigraphie sur toile, 200 x 260 cm.
© Nicolas Barsseur


Avouons-le, la façade du Vanderborght Building ne paie pas de mine. Mais une fois à l’intérieur, ce bâtiment prend une tout autre dimension avec ses cinq étages lumineux, accueillant soixante galeries internationales agencées autour d’un spacieux puits de lumière. Première question qui nous vient à l’esprit : en quoi cette foire est-elle indépendante ? «Nous fonctionnons uniquement par invitation, précise Vincent Honoré, lui-même invité en tant que commissaire, il n’y a pas d’envoi de dossiers, pas de sélection. Nous choisissons les galeries dont nous connaissons et aimons le travail, le but étant de ne pas penser la foire uniquement en lien avec le marché, mais de la voir comme un écosystème où les corps de métier artistiques cohabitent avec les initiatives de musées, conférences ou projections participant à cet événement.» Au total, plus de 70 % des artistes exposants sont étrangers et deux tiers d’entre eux présentent des solo shows ou des duos. L’accent mis sur les performances, au rez-de-chaussée de l’immeuble, a permis à Adam Christenssen, Julie Béna, Oliver Beer, David Sherry et Céline Gillain de laisser libre cours à leur talent. Néanmoins, peintures et dessins, en véritables tsunamis, ont investi à 80 % les étages de cette nouvelle édition.
Promesses de vente et prix accessibles
Évoquons tout d’abord une pépite, un Jean-Michel Basquiat inconnu du public  ayant échappé par miracle semble-t-il aux cimaises de la fondation Vuitton , présenté par la galerie Hervé Bize (Nancy). Son propriétaire depuis 1987, date de l’achat dans l’atelier de l’artiste, serait prêt à le lâcher pour 8 à 10 M€ : affaire en cours. Des montants beaucoup plus modestes étaient néanmoins à l’ordre du jour. Quelques promesses de vente ont été constatées lors de l’inauguration, notamment sur le stand de Meessen De Clerq (Bruxelles), avec un tableau couleur feu, à 28 000 €, de l’artiste vietnamienne Thu-Van Tran, plus connue pour ses installations et ses sculptures composées de matériaux précaires, comme le bois, le papier ou la cire. Même constat sur celui de Christian Lethert (Cologne), qui présentait Natascha Schmitten, 32 ans, une artiste vivant à Cologne. Ses œuvres où se mêlent des encres et des huiles sur du nylon se négociaient entre 6 000 et 10 000 €. Honneur aux femmes, toujours, avec la Franco-Danoise Eva Nielsen, logée chez Art Jousse Entreprise (Paris), dont deux acryliques, encres et sérigraphies sur toile ont été vendus à pas moins de 30 000 €. Une magnifique Forrest Painting de l’Américain Daniel Crews-Chubb (Vigo Gallery, Londres) méritait bien 51 000 €, tandis que les aplats noirs ondulant sur des fonds beiges du New-Yorkais Johnny Abraham récoltaient, sur le même stand, 15 000 € pièce. L’intérêt se manifestait vivement aussi pour les dessins de l’artiste écossais Charles Avery, très regardés et pour la plupart d’un humour plutôt grinçant, oscillant entre 10 000 et 20 000 €. Il faut souligner que beaucoup de collectionneurs en devenir viennent sentir l’ambiance conviviale de cette jeune foire, aux prix encore très accessibles. Un gage de pérennité, semble-t-il.

Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne