Henry Moret : baie d’Audierne, plages de sable fin.

Le 04 juillet 2019, par Anne Foster

Henry Moret étudie à la façon des impressionnistes les variations de lumière sur l’eau. Il trouve dans les côtes sud de la Bretagne ses motifs favoris, tels ces bateaux de pêche en baie d’Audierne.

Henry Moret (1856-1913), Baie d’Audierne, Finistère, 1910, huile sur toile, 50 61 cm.
Estimation : 100 000/120 000 

Attiré très tôt par le littoral du sud de la Bretagne, Henry Moret s’attache à en transcrire toutes les nuances. Proche du groupe de Gauguin à Pont-Aven, il reste dans les marges, observateur, intrigué par certaines idées qu’il adopte, quoique soumises à son style propre. L’art de Claude Monet correspond plus à ses inclinations esthétiques. La transcription de l’éphémère, des irisations de la lumière sur l’eau, les changements de temps et de saison sur un même motif… Le pittoresque ne l’intéresse pas ; il plante son chevalet sur une lande pour peindre une chaumière à demi cachée par le vallonnement du terrain ; à l’entrée d’une crique, sur une falaise, expérimentant ainsi tous les panoramas offerts par la nature. Il n’est pas étonnant que la baie d’Audierne, avec ses longues plages de sable fin, dominées par des dunes, et ses pointes et caps battus par les vents, soumis à l’incessant ressac des flots, l’ait séduit, notamment entre 1910 et 1911. Le port d’Audierne, situé au fond du ria du Goyen, lui-même protégé des vents dominants soufflant de l’Atlantique, s’est développé le long de la rive droite du chenal. Une peinture datée 1905, Les Bateaux de pêche à Audierne, pourrait représenter la rive où Moret a choisi de se placer pour peindre la toile présentée bientôt à Brest. Il note ici par amples touches un chemin sablonneux descendant vers le rivage d’une petite crique où des bateaux aux voiles colorés ont jeté leurs filets de pêche. Quelques rochers affleurent de l’eau, parsemés de végétation rose, ou d’herbes d’un vert éclatant. De ce premier plan, le regard remonte vers les dunes barrant l’horizon, surmontées d’un ciel où courent des nuages. Entre les deux côtes, le fort courant est indiqué par des coups de brosse plus effilés, saupoudrés du blanc de l’écume, les voiles gonflées des bateaux, le bleu plus soutenu striant les divers verts. «Ici, tout semble conçu pour ravir les sens et les amener à percevoir l’admirable fusion des éléments», note Jean-Yves Rolland  qui prépare le catalogue raisonné de l’artiste , dans la notice de l’œuvre du catalogue de la vente. Terre des éléments en fusion, la Bretagne des côtes et des îles se prête aux séries de toiles que lui consacre Henry Moret. Représenté dans de nombreuses expositions, le peintre bénéficiera d’une exposition l’été 2021 au musée des beaux-arts de Quimper. Une consécration pour ce chantre du littoral breton, de la baie de Douarnenez au rivage lorientais, en passant par les îles du golfe du Morbihan et du Finistère Sud.

samedi 20 juillet 2019 - 14:30 - Live
Brest - Hôtel des ventes, 26, rue du Château - 29200
Thierry - Lannon & Associés
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