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Henri Le Sidaner : le canal à Gisors

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 04 juin 2022 - 14:30 (CEST) - 6, rue Raymond-Poincaré - 17200 Royan

L’authentique poésie de la peinture d’Henri Le Sidaner est plus que jamais visible dans cette vue sur le canal de Gisors. Cette ville et sa région inspirèrent l’artiste durant des décennies.

Henri Le Sidaner (1862-1939), Le Canal, soleil, Gisors (Les Maisons sur la rivière),... Henri Le Sidaner : le canal  à Gisors
Henri Le Sidaner (1862-1939), Le Canal, soleil, Gisors (Les Maisons sur la rivière), 1913, huile sur toile signée, 54 65 cm.
Estimation : 80 000/100 000 
Adjugé : 293 880 

C’est en 1901 qu’Henri Le Sidaner découvre l’Oise, d’abord par la petite ville de Gerberoy. Son fils, Rémy, raconte d’ailleurs que «vers le tournant du siècle, [il] était pris d’une ambition brûlante. Il souhaitait créer son propre jardin, où le paysage serait conçu par lui-même et où il pourrait réaliser ses effets de lumière préférés. Il en a parlé à Auguste Rodin, qui lui a conseillé la région de Beauvais. Un céramiste vivant à Beauvais, du nom de Delaherche, a recommandé le village de Gerberoy» (Yann Farinaux Le Sidaner, 1989). C’est ainsi que le peintre y loue une maison avant d’en acheter une autre, qui deviendra son refuge jusqu’à sa mort. Sortant souvent de sa propriété, il s’intéresse aux paysages et aux villages de la région, à l’image de Gisors – situé dans le département voisin de l’Eure, et qui accueillit souvent un autre grand artiste dénommé Camille Pissarro –, que l’on découvre dans cette composition cadrée sur son canal. L’eau de l’Epte y scintille au milieu de maisons ancestrales aux murs ocre. Comme à son habitude, Le Sidaner utilise des tons peu contrastés, jouant des camaïeux de couleurs plutôt froides, dont le bleu pour l’eau, et réservant le rouge pour la partie supérieure. Ainsi offre-t-il à son paysage une atmosphère sereine et empreinte de poésie. À sa technique héritée du pointillisme — auquel il fut sensible au milieu des années 1890 — se mêle un univers symboliste, renforcé par l’absence de figures humaines. Cette œuvre dont émane une douce mélancolie fut acquise par Georges Petit auprès de son auteur, puis, vendue le 4 mars 1921 avec l’ensemble du marchand parisien, passa par deux collections particulières. Emblématique de la manière du postimpressionniste, elle fut exposée à plusieurs reprises, et bien sûr référencée (n° 315) dans le catalogue raisonné de l’artiste, réalisé en 1989 par Yann Farinaux-Le Sidaner.

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