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Hayden, le cubiste en mouvement

Publié le , par Agathe Albi-Gervy
Vente le 03 juin 2019 - 16:00 (CEST) - 33, Bredgade - DK-1260 Copenhague

Le Franco-Polonais Henri Hayden livre ici un concentré de cubisme, dont les qualités avaient séduit le collectionneur et éditeur de design Fearnley France.

Henri Hayden (1883-1970), Bretonne, 1920, huile sur toile, 109 x 49,5 cm. Estimation :... Hayden, le cubiste en mouvement
Henri Hayden (1883-1970), Bretonne, 1920, huile sur toile, 109 49,5 cm.
Estimation : 2/3 MSEK (soit environ 185 000/278 000 €)

Du cubisme pur, fusionnant symphonies des formes et des couleurs, dans un espace aux perspectives multiples… Voilà le riche dispositif que propose Henri Hayden dans ce portrait d’une Bretonne. Il s’agit de l’une des rares peintures cubistes de l’artiste franco-polonais à apparaître en ventes publiques – il adhéra au courant dans une période relativement courte, de 1915 à 1922. La palette progresse d’un ton à l’autre, les verts vifs réchauffant la froideur des bleus tout en répondant aux aplats marron et aux quelques accents de pourpre. Chaque élément se décale en rythme, chevauche et s’entrelace. Autant de caractéristiques qui rapprochent cette toile des Trois musiciens du même Hayden, œuvre de 1919-1920 aujourd’hui conservée au Centre Pompidou. Ici, le sujet de la Bretonne pourrait être interprété comme un clin d’œil à l’une de ses premières sources d’inspiration : l’art de Paul Gauguin. Le peintre s’inscrit d’ailleurs dans le sillage du maître de Pont-Aven en séjournant plusieurs étés en Bretagne. Dès 1907, Hayden quitte sa Pologne natale pour se fondre dans le bouillonnant creuset culturel parisien. D’abord absorbé par le synthétisme de Gauguin, il se laisse finalement inspirer par les compositions de Paul Cézanne. Par l’intermédiaire de son ami Juan Gris, il rencontre son futur marchand, Léonce Rosenberg, avec lequel il se lie par contrat en 1915. On ignore si cette peinture a transité par celui-ci. En revanche, il est certain que c’est dans la galerie Marlborough à Londres, sur Old Bond Street, que Charles William Fearnley France (1897-1972) l’acquiert à une date inconnue, avant de la transmettre à sa descendance jusqu’à ce jour. En s’installant au Danemark, le collectionneur anglais met à profit ses talents d’entrepreneur textile pour fonder une usine de matelas, qu’il transforme après la Seconde Guerre mondiale en un atelier de mobilier, appelé «France & Daverkosen» puis «France & Son». L’immense succès de son entreprise réside dans ses meubles livrés en kit et dans sa capacité à combiner art et artisanat. Dans sa boutique, il mettait ses créations en scène dans des intérieurs ornés de tableaux modernes, parmi lesquels a figuré cette Bretonne.

tableaux modernes, sculptures, bronzes
lundi 03 juin 2019 - 16:00 (CEST)
33, Bredgade - DK-1260 Copenhague
Bruun Rasmussen Auctioneers
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