Guggenheim Bilbao : Lygia Clark. La peinture comme champ d’expérimentation, 1948-1958

Le 09 juin 2020, par Virginie Chuimer-Layen
Lygia Clark, Sans titre, 1956, huile sur toile, 113,5 79,5 cm, collection privée, São Paulo.
© Courtesy of «The World of Lygia Clark» Cultural Association

À l’occasion du centenaire de la naissance de l’artiste brésilienne Lygia Clark (1920-1988), figure de la modernité latino-américaine d’après-guerre, le Guggenheim de Bilbao se penche sur la première décennie – rarement évoquée – de sa carrière, entre 1948 et 1958. Au fil de trois salles à la sage scénographie, le visiteur découvre son cheminement plastique fondateur. Dans les premières toiles illustrant la période 1948-1952 – notamment le Portrait de la pianiste Angélica de Rezende ou encore Le Violoncelliste –, Clark nous transporte très vite d’un univers figuratif traditionnel à celui rappelant la ligne et les formes des personnages de Fernand Léger, rencontré à Paris entre 1950 et 1952, pour aboutir à un monde abstrait et géométrique, déployé entre autres dans une splendide Échelle de 1951. De ces œuvres analysant les rapports d’espace, séquençant la surface en modules colorés, l’artiste passe à des formes simplifiées encore plus précises et vibrantes, entre 1953 et 1956. De même, au contact du Grupo Frente – collectif brésilien d’art concret –, elle tire des expériences spatiales qu’elle transposera dans sa série de «Surfaces modulées», réalisée à la peinture industrielle, et ses maquettes d’architecture intérieure, à l’émail sur bois. Enfin, dès 1957, on découvre une évolution majeure dans son corpus au travers d’œuvres jouant avec les perspectives optiques et le minimalisme : par la simple alternance de formes noires et blanches opérée sur différents reliefs, ses peintures deviennent de véritables sculptures (Contre-relief, 1959). À côté de certaines pièces jamais montrées ensemble et des dessins explorant son processus mental, cette exposition démontre avec synthèse comment son parcours fut, dès ses débuts, une affaire de rencontres et d’expérimentations.

Musée Guggenheim Bilbao,
2, avenida Abandoibarra, Bilbao

Jusqu’au 31 août 2020.
www.guggenheim-bilbao.eus
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